150 km de trek sans manger dans le Haut-Beaujolais !

Cela devait faire fort longtemps que les monts du Haut-Beaujolais n’avaient pas vu des pèlerins marcher plusieurs jours sans manger. Cet événement inhabituel s’est pourtant déroulé du 29 avril au 3 mai 2019. Où des pèlerins n’ayant pas foi en Dieu mais en la vie se sont mis en quête, non pas d’une terre sainte, mais d’une meilleure santé.

Le groupe en mode “panneau solaire” pendant une pause.

Geoffrey, Anne, Christian, Agnès, Jérôme, Florence, Mickaël et Marine, âgés de 26 à 60 ans et venus des 6 coins de l’hexagone (et même d’Allemagne) se sont réunis chez moi à Gibles (71) le 28 avril, la veille du départ. Tous animés du désir de découvrir les charmes du Brionnais et du Haut-Beaujolais en tenue minimaliste, avec simplement quelques kilos de matériel sur le dos pour bivouaquer. Un trek ultra-light rendu possible grâce à l’absence de nourriture qui rend libre les déplacements et libère (temporairement) de la contrainte de manger. 

Après une purge au ricin prise collectivement le matin du départ nous sommes partis dans le brouillard frais en direction du St Cyr (771 m), le point le plus haut de la Bourgogne du sud où nous attendait une journaliste du Journal de Saône-et-Loire. Car nous vivons une drôle d'époque où il suffit de faire humblement ce pour quoi l'on est programmé génétiquement pour passer dans le journal. C'est l'heure du premier abandon. Les pentes à 18% du St Cyr ayant mis à bout Anne qui se fait déposer chez moi par la journaliste afin de poursuivre le jeûne dans des conditions plus confortables.
Crédit photo : Le journal de Saône-et-Loire, Cécile Constant

Après une purge au ricin prise collectivement le matin du départ, nous sommes partis dans le brouillard frais en direction du St Cyr (771 m), le point le plus haut de la Bourgogne du Sud où nous attendait une journaliste du Journal de Saône-et-Loire. Car nous vivons une drôle d’époque où il suffit de faire humblement ce pour quoi l’on est programmé génétiquement pour passer dans le journal. C’est l’heure du premier abandon. Les pentes à 18% du St Cyr ayant mis à bout Anne qui se fait déposer chez moi par la journaliste afin de poursuivre le jeûne dans des conditions plus confortables.

Les 8 participants restants sont motivés et en forme, nous poursuivons sans heurt sur le GR 7 en direction du mont Saint-Rigaud.  Avec environ 35 km pour 800m de dénivelé, c'est l'étape la plus exigeante du parcours mais non la plus difficile grâce à notre état de fraîcheur. Juste avant d'arriver au sommet du Saint-Rigaud (1009 m), nous nous abreuvons à la source d'eau dite "miraculeuse" où  se trouve une centaine de croix faîtes de branches prises sur place, comme le veut la tradition pour que les souhaits se réalisent. Puis nous installons le campement au pied du belvédère, où, jadis, les romains avaient dressé un autel à Jupiter.
Au belvédère du St Rigaud. Crédit photo : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

Les 8 participants restants sont motivés et en forme, nous poursuivons sans heurt sur le GR 7 en direction du mont Saint-Rigaud.  Avec environ 35 km pour 800m de dénivelé positif, c’est l’étape la plus exigeante du parcours mais non la plus éprouvante  grâce à notre état de fraîcheur. Juste avant d’arriver au sommet du Saint-Rigaud (1009 m), nous nous abreuvons à la source d’eau dite “miraculeuse” où  se trouve une centaine de croix de fortune faîtes de branches prises sur place, comme le veut la tradition pour que les souhaits se réalisent. Nous installons ensuite le campement aux pieds du belvédère, où, jadis, les Romains avaient dressé un autel à Jupiter.

La cascade du saut

Là-haut la nuit est fraîche (3°C) et peu ont bien dormi, mais les rires matinaux témoignent de la solidité du groupe et la marche nous réchauffe rapidement. Nous profitons d’une éclaircie dans le sous-bois pour nous doucher sous la cascade du saut avant de reprendre le GR 7. Avec le dénivelé important, les premiers signes de fatigue se manifestent et nous abrégeons l’étape après seulement 25 km. Nous campons alors dans un pré avec une vue magnifique sur la vallée de l’Azergues et pratiquons la méditation kirtan kriya face à notre Dieu : le Soleil !

Un des plus gros Douglas d’Europe. Crédit photo : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

Le lendemain, le 3ème jour, nous rendons visite aux plus grands Douglas d’Europe qui se trouvent sur la commune de Claveisolles, juste à côté de deux petits étangs. C’est la plus belle journée du trek, ensoleillée avec 18°C l’après-midi, mais une ascension de 8 km avec 500m de dénivelé positif est un coup dur pour le groupe qui multiplie les arrêts. Nous arrivons néanmoins tous ensemble sur la ligne de crête où nous nous octroyons une pause au soleil pour recharger les batteries et faire sécher tentes et sacs de couchage. En redescendant sur le lac des Sapins, je ressens un malaise dans le groupe et Mickaël, qui les interviewe tous un par un pour faire un reportage, me le confirme. Nous alignons quand même 30 km dans la journée afin d’aller camper sur les berges du lac des sapins.

Crédit photo : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

Un cercle de paroles s’impose le soir et nous redéfinissons le programme. Je promets que les étapes seront désormais plus courtes et moins ardues, en outre, nous rentrerons plus tôt que prévu en raison de la neige annoncée pour la fin de semaine. Tout le monde semble d’accord mais le lendemain, où que l’on aille, le Beaujolais reste pentu et la fatigue accumulée l’emporte. Alors, en milieu de journée, Geoffrey, Marine, Florence et Christian décident d’arrêter et de se faire rapatrier jusqu’à chez moi. Ils viennent de réaliser environ 110 km à jeun ce qui n’est déjà par rien pour une première ! Mais, sur le moment, je vois le verre à moitié vide et cela atteint mon moral. D’autant plus que la météo se gâte et que les prévisions confirment l’arrivée de la neige pour le samedi. Sur les 4 “survivants”, nous décidons alors unanimement de rentrer le vendredi soir.

Satanama. Crédit photos : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

Le soir même, la bruine fraîche conjuguée au vent nous incitent à trouver un meilleur abri que celui de notre tente. Par chance, nous trouvons une bergerie abandonnée et dormons dans la paille, ce qui nous amuse tous les 4 et s’avère très confortable. La plus douce des nuits d’ailleurs. Au petit matin, nous avalons sans désemparer les derniers kilomètres pour être de retour au bercail dans l’après-midi. Nous pourrions tous les 4 continuer mais cette expérience de 5 jours en groupe a déjà été une belle aventure et personne ne souhaite poursuivre sous la neige… Alors nous décidons simplement de prolonger le jeûne d’une journée et de ne reprendre l’alimentation que le lendemain avec des jus de légumes.

Crédit photo : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

Bien qu’elle se soit déroulée différemment de ce que j’escomptais, j’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser cette marche avec des inconnus qui en quelques jours sont devenus des amis. Nous avons ri et tous appris les uns des autres. Ce fut une expérience d’une grande richesse. Et puis, je dirais même surtout !, ce contact avec des personnes volontaires pour se changer elle-même et agir (pas seulement parler !) pour un monde meilleur m’a réchauffé le cœur .

Alors “Faim” (ahah !) de l’histoire ? Non, car j’espère au contraire que ce n’est qu’un début… Je souhaite mener d’autres groupes de jeûneurs-trekkeurs dans la Beaujolais, et, de son côté, Mickaël souhaite faire de même dans les Vosges. Alors si vous êtes intéressé, inscrivez-vous à la newsletter pour vous tenir informé des prochaines dates et lieux de La Marche Sans Faim !

Crédit photos : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

 

Crédit photos : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

Voilà de retour des 3 FFF ” froid faim fatigue ” très belle expérience mais éprouvante , arreté au quatrième jour avec environ 120 km dans les pattes un peu plus pour Agnes et encore un peu plus pour Luna , un beau partage avec de très belles personnes dans un cadre pleine nature, mais franchement je ne pensais pas autant de dénivelé dans le Haut Beaujolais 😔
Merci encore à Florian Gomet aventurier et organisateur de ce petit voyage initiatique 😉
Une expérience inoubliable à vivre au moins une fois car l’on peut vraiment faire de gros efforts sans s’alimenter et même sur plusieurs jours, ma plus grosse difficulté à été le rythme, et oui j’étais le doyen 😱 et ces petits jeunes ne m’ont pas épargné 😤 😂😂😂
Christian, participant à La Marche Sans Faim

Crédit photos : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/
Crédit photos : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

Crédit photos : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/

“Merci pour la rando Flo, tu es un super accompagnateur et wow y’a du niveau!!! Ça me montre le chemin qu’il me reste à parcourir!!
Tout était au top: la symbiose du groupe, ta connaissance en naturopathie et survie , les discussions avec tout le monde, la cascade, les lieux de bivouac, la manière dont tu nous as guidé avec ton ouverture d’esprit
Je suis hyper fière de moi d’avoir réussi ces 4 jours et d’avoir écouté mon corps alors je te dis un grand merci pour ça !”
Florence, participante à La Marche Sans Faim

 

Crédit photos : Raw Flo https://www.instagram.com/raw_flo/