Deux civilisations

Le bras de fer qui tourne autour de la crise actuelle témoigne d’une césure inédite dans la société occidentale. Jusqu’à présent une grande majorité de cette population partageait peu ou prou des valeurs et des croyances communes. Un socle commun de croyances et de valeurs est indispensable pour que des milliards de personnes coopèrent et forment une structure stable que l’on appelle civilisation. Ceux qui nous dirigent se prévalent de conserver ce socle commun au nom de l’intérêt général. C’est ce qui appuie leur légitimité pour imposer les règles du jeu.

Actuellement, une dissension apparait au sujet des masques, des vaccins, de la censure et, plus généralement, des mesures qui restreignent les libertés au nom de la sécurité. Il ne s’agit pas d’un simple désaccord de la population sur un sujet d’actualité, cela met en exergue l’apparition d’un groupe important de personnes qui se distingue par des valeurs et des croyances différentes. Cette émergence d’un autre système de valeurs et de croyances ébranle les fondations de la société et menace le pouvoir en place.

Les croyances sur lesquelles reposent notre civilisation sont celles que j’ai appelées “bêta”, pour l’analogie avec les ondes du cerveau en mode mental. Et les croyances émergentes, je les ai appelées “alpha” pour l’analogie avec les ondes du cerveau en mode intuitif. Il n’y a pas de camps entre, d’un côté, les “alpha” et, de l’autre, les “bêta” : les croyances de chacun évoluent dans le temps et peuvent être un mélange des deux.

Les croyances profondes des individus se repèrent aux phrases et pensées “anodines” qui tournent autour et les alimentent. Les voici illustrées dans les deux diagrammes (cliquez dessus pour les télécharger et zoomer) ci-dessous qui m’ont été partiellement inspirés par les travaux du physicien Philippe Guillemant :

Ces croyances trouvent leurs origines dans les expériences douloureuses de notre enfance. Tous, à différents degrés, nous avons souffert du sentiment d’abandon, de rejet, d’humiliation, de trahison et d’injustice. Il s’agit des étapes inhérentes au passage du stade foetal où nous expérimentons l’union à celui de l’individualité où l’on se sent vulnérable. C’est ce sentiment d’union perdue que nous chercherons par la suite à revivre avec le Grand Tout. Pour cela, nous avons à guérir ces cinq blessures émotionnelles qui nous empêchent d’être nous-même. Ce sont elles qui sont responsables de tous nos maux : physiques, émotionnels et mentaux.  Ces blessures ont, le plus souvent, été accentuées par notre éducation et les relations avec nos proches qui n’avaient pas guéri eux-mêmes leurs blessures. Un processus entretenant, à travers les générations, des conclusions erronées sur notre monde (les croyances bêta) et qui nous entraine à créer exactement les expériences que nous souhaitons éviter. Comme l’écrit Thierry Janssen dans son livre “Le travail d’une vie” : “Nous sommes seuls responsables de nos expériences, autant de leurs survenues que de la façon dont nous les gérons et de l’interprétation que nous leur donnons.”
Ce phénomène rétroactif est illustré dans le diagramme suivant :

Derrière chaque souffrance se cache une croyance erronée. D’où l’importance de bien comprendre les expériences qui sont à l’origine de ses croyances, de ne pas les alimenter par des pensées “anodines” et de saisir toutes les opportunités que nous offre la vie pour les transcender. Un processus illustré par le diagramme suivant :

 

Le processus de transmutation des croyances de bêta en alpha n’est pas simple. Sauf exceptions, il passe par plusieurs étapes, pour n’arriver à son terme qu’après un long voyage. Le diagramme suivant illustre le procédé alchimique de la transmutation des croyances :

 

L’un des problèmes majeurs que nous vivons actuellement est que le développement des croyances “alpha” au sein de la population rend la cohabitation difficile avec les personnes qui ont conservé les valeurs et croyances “bêta”. La raison est que les moyens mis en oeuvre pour atteindre les aspirations de chacun sont diamétralement opposés et incompatibles au regard de l’ampleur des dommages déjà causés au vivant et de à la restriction des libertés dont la civilisation moribonde est responsable.

C’est ce clivage qui est représenté par le diagramme ci-dessous :

Alors plutôt que de choisir un camp et de se diviser alors que nous avons besoin de nous rassembler, choisissons nos croyances en pleine conscience des responsabilités et des conséquences qu’elles impliquent. Sans oublier d’être lucide lorsque nous évaluons notre cheminement au sein des étapes de la transmutations des croyances, et ce, pour chaque croyance.