Du 14 mai au 24 mai 2015 : De la baie Comeau à Smooth Rock Falls

Baie Comeau

Du 14 mai 2015

Hier soir, 11 mai, après 185 km de parcours montagneux, je suis arrivé chez
Pierre (un garagiste rencontré au refuge du prospecteur) à Baie-Comeau, le terminus sud de la route Trans-Québec-Labrador, qui comprend la route 389 du Québec et les routes 500 et 510 du Labrador (1600 km  depuis le cap Saint-Charles). . Encore retenu par le mauvais temps ce matin, je suis allé chez Vélo Zone pour une petite révision de ma monture. Les 3000 km restant étant asphaltés, j’ai mis des pneus plus fins pour gagner en vitesse.

Saguenay

Du 15 mai 2015

Vélo de Florian Gomet
Rivière Sainte-Marguerite

Encore un jour sans…Arrivé aux portes de Saguenay, j’ai cassé la direction de mon vélo (roulements à billes).  Hier soir, j’ai déjà troué le tapis de sol de ma tente et j’ai remarqué une usure prématurée sur d’autres pièces de mon équipement. Je suis donc à Saguenay, où j’essaie tant bien que mal de faire réparer cette direction. Quant à la tente, je me suis procuré une bâche qui devrait faire l’affaire. Je pense repartir demain matin, si tout va bien !   J’ai passé la nuit chez Mathieu, un vendeur très sympa du magasin de cycle (VO2) de Saguenay. Rien de réparé à cette heure…

Bivouac au Saint-Laurent

C’est fait le vélo est réparé !  VO2 ne disposait pas de la pièce requise dans leur stock, mais j’ai pu récupérer un jeu de roulements à billes d’occasion, une chance!  Les roulements du pédalier allaient prochainement rendre l’âme aussi; je les ai également fait remplacer. Gageons que je vais dorénavant venir à bout des 2500 km restant et non à celui du vélo !

Florian Gomet America Extrema
Avec les lèvres brûlées par le soleil…

Devant le Saint Laurent. Mouillage obligatoire pour mes jambes dans cet océan que je ne reverrai avant un bon moment : vraiment glacial mais récupérateur.

Lac Chigoubiche

Du 17 mai 2015

Après le bivouac, près du lac, j’écris depuis Chapais dans un bar. Première bière sur une terrasse sous le soleil. Mon périple prend un air de vacances en ce moment, à ceci près que je pédale environ 9h par jour, j’ai même couvert 180km hier. J’aimerais bien atteindre le nombre rond de 200km, juste pour le plaisir de faire une belle étape. Je dispose encore de 15 jours pour cela, ensuite ce sera le kayak.

Rivière Wedding

Du 19 mai 2015

Campement au bord de la rivière Wedding.

Barraute

Du 20 mai 2015

Avec Pierre et la neige sur le balcon derrière nous

Après une nuit en forêt, durant laquelle j’ai essuyé un gros orage, les températures ont a nouveau chuté, et ce soir il neige. C’est ici même, en Abitibi, que ce situe  actuellement la seule vague de froid au Canada. J’ai la chance d’avoir pu trouvé refuge pour la nuit chez Francine et Louis dans le petit village de Barraute en Abitibi.

Je suis venu à bout de la route 113, après avoir campé dans un camp amérindien où avaient élu domicile des outardes sauvages, et après avoir croisé mon premier ours noir. Mon instinct m’a interdit de m’approcher à moins de 75 mètres bien que l’envie fut forte de voir de plus près ce magnifique animal.
Paysage au bord de la 113
Ours noir à 75 mètres.
Belle école amérindienne du village de Waswanipi.

Val Gagné

Le 22 mai 2015

Le Québec est désormais derrière moi, je me trouve actuellement en Ontario. Fini les conversations en français, je vais devoir sérieusement me mettre à l’anglais, je n’ai plus le choix…
Une nouvelle page se tourne donc, côté lecture également puisque j’ai terminé La sorcière de Portobello. C’est l’histoire fictive d’une jeune Tsigane adoptée qui présente un don pour communiquer avec la nature et lire le cœur des Hommes. Don qu’elle développera en pratiquant (notamment) la pleine conscience. Le hasard (celui qui fait si bien les choses) a voulu que le dernier livre qui reste dans mon sac soit ‘La difficulté de vivre’ de Francoise Dolto. Pourquoi un hasard ? Car F Dolto est en quelque sorte la Sorcière de Portobello. Mais fort heureusement pour nous, celle-ci a bel et bien existé. Et nul doute qu’en des temps plus reculés on l’aurait brûlée vive…
Un petit passage de ce livre qui me passionne :
“Qui que nous soyons, je crois qu’à notre naissance nous sommes dix fois plus intelligent qu’à l’age où nous croyons l’être, à vingt ans… Nous avons tous en nous l’intelligence, après,  elle se distribue sur de multiples désirs, intérêts. Enfin, c’est comme une partie d’échecs, tout est possible au départ, et puis en cours de partie, il n’y a déjà plus beaucoup de pions : faut vraiment veiller au grain pour qu’on aille un peu plus loin, et gagner la partie, surtout si l’adversaire, en face, est malin.”

 

A bientôt chers lecteurs et merci pour tout ces commentaires qui me réchauffent le cœur même quand il gèle la nuit…

Smooth Rock Falls

Le 24 mai 2015

Les longues lignes droites de l’Abitibi

Je me trouve en ce moment sur la route Transcanadienne qui va me mener à Thunder Bay d’ici quelques jours. Comme son nom peut le laisser supposer, elle est très fréquentée en particulier par les poids lourds. J’en vois de toutes les formes, de toutes les tailles, et eux, en passant à un mètre de moi, m’en font voir de toutes les couleurs. Je mets alors le pilote automatique pour m’échapper et ne pas devenir dingue. Je me focalise aussi sur le maigre avantage qu’ils m’apportent en stoppant pour quelques secondes le vent de d’ouest qui sévit depuis plusieurs jours (30-40 km/h).

En ce qui concerne mon alimentation,  je suis très loin de l’hygiène de vie que j’avais adoptée avant mon départ, même si je consomme toujours très peu de viandes, poissons, produits laitiers, et de blé. Il y a eu, en quelque sorte, une débâcle alimentaire qui s’est opérée quand j’ai mis les pieds au Labrador. J’ai décide récemment de reprendre progressivement les

Un marécage

choses en main en m’offrant un bon décrassage : 24 h sans manger durant lesquelles j’ai quand même parcouru 140 km avec un vent de face et de la neige. Je ne devais pas avoir l’air très frais en fin de journée car une personne (merci Mr Thomas) m’a donné 30 dollars pour que j’achète à manger, sans que je lui demande quoi que ce soit !

Un peu d’art

 

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