Du 26 mai au 2 juin 2015 : De Beardmore à Pickle Lack

Beardmore

26 mai 2015

Une nuit à Beardmore, après une étape de 190 Km malgré une gêne aux tendons d’Achille. je porte depuis 2 jours des sandales pour pédaler, les appuis sont peut être différents.

Thunder Bay

28 mai 2015

Avec Carrie et son mari

JOUR DE REPOS…

La météo clémente de ces derniers jours m’a permis de faire de longues étapes dans de très bonnes conditions. Arrivé à Thunder Bay, ville importante, située sur les berges du lac Supérieur, j’ai posé mes bagages dans une auberge de jeunesse où j’avais déjà traîné mes guêtres deux ans plutôt. Le patron est un vénérable vieil homme, rempli de bonté qui a transformé sa demeure en auberge, maison de retraite du 22 ème siècle. J’ai passé une bonne partie de ma journée à réparer du matériel défectueux et acheter quelques articles de randonnée en ville. C’est là que j’ai rencontré Carrie, une Canadienne très sympathique, qui a parcouru avec son mari de nombreuses rivières au Canada. Elle m’a ainsi donné de nombreuses indications sur le parcours qui m’attend dans les prochains mois. Je remercie ce

charmant couple de m’avoir, entres autres services rendus, fait monter dans leur voiture pour m’éviter la corvée de faire du vélo dans une grande ville. Il est important de préciser que l’auberge est à plus de 20 km du centre-ville… Encore 3 ou 4 jours à donner des coups de pédales avant de rejoindre Pickle Lake, là où m’attend mon kayak, et où, peu ou prou, se termine la civilisation ! Grâce à Carrie, j’ai pu contacter la radio et le journal local de Thunder Bay afin de promouvoir America Extrema sur le territoire canadien, sans résultat immédiat.

Cascade vers Lac Nipigon
Cascade vers Lac Nipigon

 

 

 

 

 

 

 

English River

29 mai 2015

Chute de vélo à cause d’un camion. Rien de cassé, seulement égratigné. Cela ne m’a pas empêché d’atteindre mon objectif, 210 km. Nuit à English River près d’un pipe-line.

Pickle Lake

2 juin 2015

Eglise

50 km après English River, je quittais enfin la Transcanadienne pour m’engager dans “une voie sans issue”, la 599 qui mesure pas loin de 599 km de long. J’ai enfin retrouvé le Canada que j’aime, celui du calme et des forêts immenses, quelle joie ! En outre, j’ai bénéficie du soutien spontané des riverains qui m’ont à plusieurs reprises proposé abri pour la nuit, repas et divers services. La seule vigilance que je dois observer ne concerne plus les véhicules mais les ours noirs, présents sur les accotements, mieux vaut ne pas les surprendre en arrivant trop vite, surtout s’il y a un ourson. Le camion qui m’a fait chuté a eu le mérite de me faire comprendre que je n’avais définitivement plus ma place sur “l’autoroute infernale” prise actuellement par la civilisation, il était temps que je mette le clignotant !

Me voici donc rendu à Pickle Lake, dernière ville de la partie vélo, où je viens de récupérer, au bureau de poste, le kayak gonflable, le sac à dos et de la nourriture pour une semaine.  Il me reste désormais 240 km de vélo à parcourir sur une piste avec ce nouvel équipement assez encombrant, je ne sais pas encore comment je vais m’organiser pour tout emmener… D’autant plus qu’une des soudures qui relie le porte-bagage au vélo a cédé, probablement lors de la chute.

Bivouac à Pickle Lake

Même si les rivières sont encore hautes, toute neige a fondu et les conditions météorologiques sont très confortables, c’est le bon moment pour démarrer la partie fluviale de l’expédition.

Pickle Lake est un village de 350 âmes environ, la « Dernière frontière » (en direction du nord), comme ce village se désigne lui-même sur les panneaux indicateurs conçus pour les touristes. Au-delà, c’est le « Vrai Nord », sauvage et presque inhabité, où sont disséminés quelques villages amérindiens accessibles seulement par hydravion. On y trouve aussi de nombreuses mines (des mines d’or dans ce secteur, mais aussi, ailleurs, des mines extrayant d’autres types de minéraux, y compris d’uranium); toutes interdisent l’accès au public. Comme toutes les mines du monde, elles contribuent au PIB du pays (sans parler des actionnaires résidant dans d’autres pays), mais leur exploitation se traduit par des coûts environnementaux élevés ou même, parfois, par de réels désastres écologiques, comme il s’en est vu en divers endroits du monde.

Commentaire d’Yvon, ami et appui de Montréal, et mon traducteur bénévole :

Quelques mots sur mes arrières-grands-parents paternels et sur Terry Fox

Philomène Vienneau

(25 mai 2015) Tu es maintenant sur la route 11, qui est le tronçon nord de la Transcanadienne en Ontario. Paysage splendide… Beaucoup, beaucoup, beaucoup d’épinettes (que vous appelez épicéas). Si ce n’est déjà fait, tu traverseras une ville qui s’appelle Kapuskasing. C’est là qu’est inhumé mon arrière-grand-père paternel, Denis Boudreau. Sur ses vieux jours, ayant quitté son Acadie natale (Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick, où sont aussi nés mon grand-père et mon père), il était allé faire œuvre de colonisation à Opasatika (que tu traverseras aussi, quelques km plus à l’ouest), où il est décédé. Mais comme ce coin de pays venait à peine d’être ouvert à la colonisation, Opasatika ne possédait pas encore de cimetière, ce pourquoi le corps de Denis fut transporté à Kapuskasing afin qu’il y soit inhumé. Alors, quand tu traverseras ces deux villages, veuille avoir une pensée pieuse pour mon bisaïeul et lui transmettre mes salutations filiales, de même qu’à mon arrière-grand-mère paternelle, Philomène Vienneau (qui était, vraiment, une très belle femme même à l’âge avancé qu’elle avait lorsque fut prise la seule photo d’elle que je possède – tant de bonté dans le regard…).

 

Tu arriveras bientôt (tu roules si vite !…) à la route 17, qui est le tronçon sud-est de la Transcanadienne en Ontario (qui passe par Ottawa et se rend jusqu’au Manitoba). Quelque part près de la jonction des routes 11 et 17, donc près d’un village qui s’appelle Lake Helen, se trouve un très beau et très émouvant monument érigé à la mémoire de Terry Fox, qui est, encore de nos jours, un modèle de sportif animé d’un courage et d’une détermination hors du commun. En peu de mots, c’était un jeune homme (il est mort à 23 ans, en 1981) qui, en raison d’un cancer des os, eut la jambe droite amputée un peu plus haut que la mi-cuisse. Afin d’aider à trouver du financement pour la recherche sur le cancer, il entreprit ce qu’il appela le « Marathon de l’espoir ». Il trempa sa jambe artificielle et puisa une bouteille d’eau dans l’Atlantique, à Saint-Jean de Terre-Neuve, dans l’intention de tremper de nouveau sa jambe artificielle et de vider sa bouteille dans le Pacifique à Victoria, capitale de la Colombie-Britannique, sur l’île de Vancouver. Entre ces deux points, il courait. Malgré la pluie, malgré le soleil écrasant, malgré les moments de découragement, il a couru 3 339 milles (5 373 km) en 143 jours. Puis, des métastases ayant été découvertes dans chacun de ses poumons, il dut mettre fin à son marathon quelque part au nord-est de Thunder Bay, tout près de l’emplacement du monument. Je ne doute pas que tu veuilles lui rendre l’hommage de ta visite.

 

Juste par acquit de conscience, je viens d’aller faire un tour sur le Net, et j’y trouve des sites selon lesquels le monument qui se trouvait à la jonction des routes 11 et 17 quand je l’ai visité aurait été déménagé et se trouverait maintenant sur la route 11-17 juste à l’entrée de Thunder Bay, dans ce qui s’appelle le Terry Fox Scenic Lookout. En tout cas, sois attentif à partir de Lake Helen. La signalisation routière devrait être assez claire.

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