Du 29 avril au 9 mai 2015 : De Port Hope Simpson à Manicouagan

Port Hope Simpson

Le 29 avril 2015

Pluie battante, température 1°,  vent de face,  12 km/h de moyenne en vélo. Maintenant 300Km avant le prochain village et météo horrible !

Retour à Port Hope Simpson

Le 30 avril 2015

Port Hope Simpson

Pépin aujourd’hui à 40km de Port Hope Simpson : le pneu arrière est coupé sur 10cm à cause de la pression trop basse,  du poids des bagages et de la route défoncée.

Il s’agit d’une piste sablonneuse pleine de trous et de bosses plutôt que d’une route.

J’ai, à nouveau,  fait du stop pour revenir à  Port Hope Simpson car il y a un garage, il ne vend pas de pneus, mais nous  en  trouvons un sur un vélo cassé.  Il est plus large,  ce qui évitera peut être le même incident, qui est mis à profit pour remplacer des écrous perdus et en resserrer d’autres car lors du transport à l’arriere des pickups, le vélo a été pas mal secoué…

Je repars demain matin en souhaitant sortir rapidement  de cette piste pourrie.  Elle sera revêtue d’asphalte à partir de Happy Goose Bay.

Happy Valley-Goose Bay

2 mai 2015
Le soir du 2 mai, j’installe la tente non loin du fleuve Churchill.

Fleuve Churchill Fleuve Churchill America Extrema

Chutes Churchill

5 mai 2015

Je me trouve maintenant sur une route, le plus souvent asphaltée, sur laquelle je progresse de 150km par jour environ. Les températures sont plus clémentes et le bivouac devient confortable, même s’il gèle encore la nuit. Faune et flore se dégourdissent les membres tout doucement, assister quotidiennement a ce renouveau est un émerveillement. Les ours noir eux aussi se réveillent , parait-il, mais n’ai pas encore vu la moindre empreinte.

Chute churchill

Labrador City

Le 7 mai 2015

Une nuit chez l’habitant………………Cette nuit j’ai dormi non pas chez l’habitant, mais sous la tente à côte d’une église. En fait le curseur indique ma position exacte au mètre près. Il a fait -6°, mais je n’ai pas eu froid, mon corps s’est bien habitué.
Je suis a Labrador City ce matin, dans un café pour trouver une connexion, je n’ai que 15 min, je fais vite.
Après avoir pédale 125 km contre le vent (50 km/h) et dans le froid (en dessous de 0) avant hier, j’ai dormi par -7° à 2 mètres de la route (pas de place ailleurs a cause de la neige) puis j’ai ensuite parcouru 135 km contre un vent a 50 km/h avec beaucoup de neige et température négative jusqu’à Labrador City; usant physiquement mais ce matin je suis frais comme un gardon prêt a recommencer.
La suite s’annonce encore épique jusqu’à Baie Comeau car le chemin est en altitude, pas tout asphalté , isolé et les températures prévues sont négatives.

Manicouagan

Le 9 mai 2015

Florian Gomet pendant l'aventure.

Je passe une nouvelle nuit à l’abri, au Refuge du Prospecteur (km 336), près du réservoir Manicouagan où l’on m’a invité à dormir et à passer la soirée avec des bûcherons…en bonne compagnie par conséquent.

Le site est magnifique, près du lac Manicouagan encore gelé et son immense ile, creusé par une météorite, il y a 214 millions d’années.
Ayant perdu en altitude et en latitude, les températures sont plus douces et la neige presque toute fondue, le froid ne sera dorénavant plus un problème avant longtemps.
je vais me coucher après 155 km, c’est bien mérité…
Je n’ai pas bougé de la journée. Ce matin la météo exécrable m’a incité à rester à l’abri puis le temps s’est levé vers midi mais le cœur n’y était plus. J’ai senti le besoin de faire une journée sans vélo. A la place j’ai repris du service à la tronçonneuse pour donner un coup de main à mes hôtes très chaleureux et hospitaliers. Cela m’a fait un bien fou de varier un peu mon activité physique. Je reprends la route (ou plutôt la piste) demain de bonne heure.
J’ai profité de cette journée de repos pour finir L’alchimiste de Paulo Coelho, auteur de génie. Une citation m’a particulièrement marqué par sa sagesse : “La crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Et aucun cœur n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves, parce que chaque instant de quête est un instant de rencontre avec Dieu et avec l’Éternité.” Je souhaite ne jamais oublier ces belles paroles dans les moments de difficultés à venir.
J’ai souhaité laisser ce conte philosophique au refuge pour alléger mes bagages et le partager. Mon hôte s’est alors souvenu avoir un autre ouvrage du même auteur dans ses rayons. C’est ainsi que je repars en compagnie de La Sorcière de Portobello.

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