Epilogue à America Extrema

Voilà déjà une semaine que je suis de retour dans mon cher terroir où j’ai retrouvé avec bonheur famille et amis. Finie la rude vie d’aventurier, je peux désormais utiliser un téléphone, me doucher quand je le souhaite et manger ce qui me plaît… Bref, je me réjouis de ces choses simples, enfin accessibles, et savoure chaque seconde qui s’écoule.

Devant l’un des murs de ma maison, je reste parfois de longs moments, songeur, à contempler une mappemonde où le trajet d’America Extrema est représenté au feutre noir. Oui ! Je l’ai fait et je suis revenu entier ! Mais dans le fond, “je” est un peu usurpé au regard de toutes les personnes qui, depuis la France, et tout le long de mon chemin m’ont aidé. J’ai une dette énorme envers ceux qui m’ont donné de leur temps ou de leur argent, et ceux qui ont ouvert la porte de leur maison ou de leur cœur. America Extrema ce n’est pas seulement 12 000 km, c’est aussi une longue chaîne humaine dont j’ai eu le privilège d’être le lien commun. Je me dois maintenant de coucher tous ces souvenirs sur le papier afin de ne jamais oublier. L’expédition sera complètement achevée une fois son récit publié, dans un an environ.

Dans son autobiographie, “Un long chemin vers la liberté”, Nelson Mandela conclut en ces termes :

“J’ai découvert ce secret : après avoir gravi une haute colline, tout ce que l’on découvre, c’est qu’il reste beaucoup d’autres collines à gravir. Je me suis arrêté un instant pour me reposer, pour contempler l’admirable paysage qui m’entoure, pour regarder derrière moi la longue route que j’ai parcourue.”

Du haut de cette “colline”, je ne peux m’arrêter qu’un seul instant car le long et tortueux chemin de la vie m’appelle de toutes ses forces.

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