Jour 50 à 63 : De Budapest à Novi Sad

La deuxième moitié de la Hongrie se déroula sous la chaleur et un soleil généreux qui heureusement n’a pas chauffé l’asphalte au point de me brûler les pieds. Faut dire qu’ils se sont bien endurcis depuis le début de ce voyage et mes jambes se sont également bien habituées à l’effort. L’alimentation vivante, l’absence de chaussures, le yoga et les respirations Wim Hof quotidiennes me permettent de tenir le rythme d’un marathon par jour en moyenne sans ressentir aucune douleur.

Les nuits se succédèrent comme toujours avec des hauts et des bas. Après le merveilleux camping chez André, ce fut une nuit dans une maison abandonnée, une nuit chez un prêtre le jour de la fête de saint Jean-Vianney, dit le curé d’Ars, une nuit chez une famille hongroise charmante, et une dernière nuit (aux portes de la Serbie) dehors avec un sac de couchage et des centaines de moustiques qui m’ont maintenu éveillé toute la nuit.

Le contact avec les Hongrois étant mitigé par certains endroits ou l’on me regardait vraiment de travers j’avais hâte de passer en Serbie, espérant y trouver un accueil plus favorable. J’étais en train de commettre l’erreur de ne pas accepter pleinement l’expérience présente. Je dois avouer que si ma condition physique est au mieux, mentalement il m’est parfois très difficile de cumuler plusieurs jours où des contacts humains, rendus difficiles par la barrière de la langue et la différence de culture, sont difficiles à établir et que l’on me regarde comme un individu louche voir dangereux…

Quand bien même je ne fais que demander de l’eau. Je dois alors rester vigilant et me concentrer sur tout ce qui va bien (en deux mois j’ai quand même toujours pu me loger et me nourrir convenablement, à de rares exceptions prêtes…) plutôt qu’à focaliser sur les mauvaises expériences. Voilà mon plus grand danger sur cette aventure : perdre la confiance en la vie et ne plus voir tout ce qui va bien.

Pour me recentrer j’ai alors besoin d’un peu de repos, d’avoir des relations humaines “normales”, de manger un peu plus varié qu’à l’accoutumée (en ce moment c’est prunes, pommes, bananes et cacahuètes) et de faire “reset” via la méditation. Des conditions qui ne sont réunies que ponctuellement et qui sont vitales, comme une bulle d’oxygène.

Après cette nuit blanche avec les moustiques, je suis parti à l’aube pour franchir la frontière avec la Serbie via une route de campagne que je croyais, naïvement, non surveillée…

Il y avait en réalité 4 gardes armés, des chiens et une voiture en patrouille… Comme il était trop tard pour se poser des questions et écouter mon mental qui voulait me faire renoncer, j’ai alors traversé la frontière très discrètement via la forêt. Toute mon énergie était focalisée sur mon objectif de franchir la frontière si bien que je suis passé pieds nus à travers les ronces, les orties, les marais, les toiles d’araignées et les moustiques sans ressentir quoi que ce soit, et avec la discrétion des cerfs dont je suivais les trails à travers les fourrés (merci les animaux !!).

La récompense fut belle, j’ai passé les deux premières journées en Serbie au milieu de personnes enjouées et souriantes qui m’hébergèrent sans façon. Puis le climat humain changea brusquement : quand j’expliquais le voyage que je suis en train de réaliser, loin de m’ouvrir des portes, certains Serbes ne croyaient pas un mot de mon histoire et me demandaient même mes papiers…

Sans dire que je ne trouvais nulle place ou me loger, tant et si bien que j’ai passé deux nuits dans des maisons abandonnées, à me sentir comme un fugitif, limitant au maximum les contacts humains…

Il était alors grand temps que je retrouve l’équipe de tournage pour recharger les batteries et me recentrer, ce qui est chose faite après deux journées de travail avec eux. Et puis j’ai aussi retrouvé mon ami Hervé qui va m’accompagner jusqu’à la frontière avec la Roumanie ou je retournerai avec soulagement dans l’Union européenne ou la population n’a pas cette manie de demander les papiers à des voyageurs.

Jeudi 13 août je repartirai donc sur la véloroute 6, exceptionnellement déserte de cycliste en raison des conditions “sanitaires” actuelles, en compagnie d’Herve venu juste à temps pour m’épauler à un moment ou je me sentais flancher… Merci Hervé !!!

Et merci à vous chers lecteurs de suivre cette aventure, ainsi qu’à tous ceux qui, nombreux, m’ont souhaité mon anniversaire !!!

Des bises,

Florian

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