Norvège 2012, du 15 juillet au 5 août : D’Abisko à Lebesby

Abisko – Kautokeino : Des aides bienvenues

25 juillet 2012

Bonjour a tous,

C’est toujours un plaisir que d’écrire un résumé, cela signifie que je progresse dans mon itinéraire et que j’ai l’occasion de souffler un peu, et j’en ai besoin !

Le lendemain de mon dernier message, je devais me ravitailler et acheter des nouvelles semelles. A la station touristique, la nourriture était environ 2 a 3 fois plus cher qu’en supermarché et impossible de trouver des semelles. J’ai décidé de faire du stop pour rejoindre Narvik, une grande ville située 90 km plus loin. Après seulement 40 min d’attente, des jeunes suédois m’ont embarque, ils se rendaient justement à Narvik. Une fois dans le centre commercial, je me suis dirige vers un magasin de chaussures pour acheter ma paire de semelles. En discutant avec la patronne, j’expliquais mon aventure en Norvège et mon problème avec ces chaussures qui prennent l’eau. Elle m’a alors demande ma pointure puis m’a offert une paire neuve… ”Tu ne peux pas aller au Kinnarodden avec des chaussures qui

prennent l’eau” me dit-elle. Elle a raison… Ayant besoin d’aller en Suede, elle me ramenera  dans l’après midi a 20km seulement d’Abisko. Je ne sais pas qui est mon ange gardien mais il ne doit pas faire que les 35h…

J’ai repris ma route, équipé avec des chaussures neuves très confortables (AKU air 8000). Comme les douleurs sont parties, je fais des journées de 8 a 10 h de marche, ce qui représente entre 35 et 40 km. Le chemin balise que j’ai suivi n’est pas facile : beaucoup de marais et de nombreux passages sur des rochers “(photo)” mais les paysages sont sauvages et parfois d’une beauté inouïe, sans la moindre trace de l’activité humaine. A ce régime, je dois manger environ 5500Kcal par jour, ce qui représente les besoins d’un individu ”moyen” pour 3 jours. Désormais la lumière ne me dérange plus pour dormir…

Mais le mauvais temps est toujours la, j’ai même eu droit a une petite tempête en montagne avec beaucoup de pluie. Heureusement j’ai trouve refuge pour 2 nuits dans une ferme Sami. Merci a eux ! Après ce déluge, le bilan n’était pas bon car les rivières étaient très hautes et 2 ponts ont été brises par la violence des torrents. Le  premier l’était a l’embouchure d’un lac alors j’ai longe sa rive pour trouver une barque. La chance m’a souri, un norvégien a accepte de m’emmener de l’autre cote. Le deuxième pont était situe a 400m d’un refuge ou j’ai trouve une échelle et des planches. J’ai ainsi fabrique un pont de fortune “(photo)”, assez solide pour me laisser passer. Jamais je n’aurai imagine que traverser la Norvège puisse être un tel parcours du combattant… Loin d’être démoralise par toutes ces embuches, je suis au contraire bien content qu’elles m’arrivent, puisque je les surmonte.

Avec toutes ces rivières gonflées, il m’a fallu en traverser 3 en slip et en chaussettes mais cette fois je ne me suis pas dégonflé. Mon

apprentissage s’est fait progressivement en commençant par un cours d’eau de 70 cm de profond pour 15m de large, et en finissant par un de 1 m de profond pour 30m de large. C’est une expérience curieuse : pendant les 2 premières minutes la douleur provoquée par le froid est atroce, puis elle cesse brusquement. Sans perte de sensibilité au niveau des pieds : je sens si les pierres sont glissantes, coupantes ou instables. Tout ce passe comme si le cerveau ne se concentrait que sur une seule chose : arriver de l’autre cote sans tomber. Je peux alors rester immobile dans l’eau sans éprouver de gênes, c’est étrange. J’ai fait route commune avec un Hollandais pendant plusieurs jours ( salut a toi, Paulus) qui m’a filme pendant une traversée de rivière, j’espère qu’il n’oubliera pas de me l’envoyer !

Je ne me plains pas du mauvais temps car les belles journées sont partagées avec les moustiques… Je dois alors me déguiser en apiculteur : une couche supplémentaire de vêtements et une moustiquaire au visage. Ce qui n’est pas sans me faire suer (dans les 2 acceptions) car soulever plus de 20 kilos a chaque pas me fait produire beaucoup de chaleur. Je préfère de loin un temps venteux par 7-8 degrés, je me sens alors bien avec un simple maillot et les moustiques ne sortent pas.

Je repars cet après midi pour découvrir, avec appréhension, le hors piste. Cette initiation se fera en douceur, en commençant par 65 km (a vol d’oiseau) a travers la foret et les marais sur un terrain relativement plat. Je suis tel l’oiseau s’apprêtant a quitter le nid en volant pour la première fois, c’est a dire inquiet mais avec la liberté devant moi ! Si je ne me perds pas, je vous en dirais plus la prochaine fois…CIAO

Kautokeino – Lebesby : Into the marsh…

5 août 2012

Apres avoir quitte Kautokeino, je me suis engage sur une voie sans issue depuis laquelle s’etend 65 km de no man’s land. Pas de reseau pour le telephone, juste un GPS, une boussole et des cartes. D’apres elles, la zone est constituee de nombreux marais et de lacs mais il est possible de se frayer un chemin entre tous ces obstacles, a la condition de traverser quelques marais quand meme. Sur le terrain les choses ont mal tournees. Resume de deux jours en enfer :

Fidele a elle meme, la meteo norvegienne m’arrose regulierement avec de bonnes averses qui exitent les moustiques. Quelque peu perturbe par ces deux elements, je m’oriente a la boussole sur un parcours difficile avec une vegetation dense, des marais omnipresents (les petits marais ne sont pas sur la carte) et quand la

vegetation est rase, c’est le sol qui s’enfonce sous mes pas. Seuls les passages en foret sont faciles, helas trop rares. Suite a une erreur de calcul impardonnable concernant la declinaison magnetique, je me suis dirige une matinee durant avec un azimuth de 20 degres trop au sud. Je ne suis alors plus sur mon itineraire, je suis dans l’embarras… J’allume  mon GPS pour retrouver la bonne direction et fonce en ligne droite en passant en force a travers la vegetation, poursuivi en permanence par un nuage de moustiques. Je ne marche plus, je fuis tel un fugitif. Ce ne sont pas des hommes armes qui veulent ma peau mais les moustiques. Ils arrivent a me piquer a travers le pantalon et ma veste est entrouverte (car j’etouffe dessous) ce qui me vaut une centaine de piqures… Apres 9h a franchir des obstacles, je monte enfin ma tente. Je ne suis pas habitue a la pression qu’exerce les moustiques sur mon systeme nerveux, avec eux tout ce complique : je rentre systematiquement avec une trentaine de moustiques sous la tente et faire mes besoins necessite une grande promptitude… Le plus impertubable des moines Shaolin en perdrait toute retenue. Je n’ai qu’une idee en tete : sortir de la au plus vite. Le lendemain, le

vent souffle assez fort pour eloigner les moustiques, Eole soit loue ! Je reprends ma boussole pour une journee harassante. Dans ce secteur les marais sont plus dangereux : a deux reprises j’y laisse une jambe entiere enfoncee dans la vase. Pour me degager, je m’allonge sur un endroit ou le sol est assez ferme et je rampe… Il y a de l’eau partout mais j’ai du mal a trouver des rivieres, il me faut parfois boire l’eau saumatres des marais, grouillante de larves et avec un arriere gout, mais elle ne m’a pas rendue malade. En fin de journee, je finis par recouper une piste plus tot que prevue, je peux enfin souffler. En deux jours, j’ai ainsi traverse 50 km ( a vol d’oiseau) de marais.

Suite a ces deconvenues, j’ai repris sagement les routes et les sentiers pour finir plus en douceur mon voyage. Je me trouve actuellement au bord de la mer arctique ou les  sont absents et la meteo agreable. Marcher 40km par jour dans ces conditions me parait desormais tres facile. Je profite au maximum de ces derniers jours de vacances, car dans 3 jours (normalement) j’aurais atteint mon but : le Kinnarodden !

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