Norvège 2012, le 15 et 16 août, de Lebesby aux vidéos !

Lebesby – Kinnarodden : un défi relevé !

15 août 2012

Cette fin de parcours s’est déroulée dans la convivialité car j’ai été accueilli pour manger dans 3 familles. Ces rencontres sont le plus souvent dues au manque de précision de mes cartes au 1/400000 alors qu’il est d’usage, dans ces régions, de randonner avec celles au 1/100000. Cela m’oblige à glaner des renseignements auprès des autochtones, d’où la richesse des contacts.  Sur la péninsule bordée par l’océan arctique où je me trouve, le hors piste est praticable car les marais y sont moins importants et les moustiques absents. Malheureusement les cartes sont introuvables. Le paysage est essentiellement constitué de rochers et de lacs. Excepté le rivage qui est verdoyant, l’intérieur des terres situé dans la montagne (200-300m d’altitude) ressemble à la lune.

Arrivé à la dernière ville de mon périple, j’apprends que le chemin qui mène au Kinnarodden n’est pas fléché et qu’il est très difficile. Je me procure alors une carte précise à l’office du tourisme, qui en profite pour prendre mes coordonnées. Si dans les 3 jours je n’ai pas donné signes de vie, ils feront des recherches ; les accidents sont fréquents dans le secteur en raison des rochers omniprésents sur lesquels il faut marcher en conservant l’équilibre et du brouillard qui arrive sans crier gare. Aller-retour depuis l’office, cela représente 50 km de hors piste ardu, un dernier coup de collier pour finir. Après 12h de marche (depuis le matin), j’atteins mon but le 8 août 2012. J’achève ainsi la traversée à pied de l’arctique européen  en 44 jours. Outre la joie et la fierté, c’est surtout un sentiment de paix intérieure qui m’ inonde. Seuls les voyages m’apportent cet apaisement qui justifie à lui seul tous les moments difficiles endurés depuis 2 mois.

Il me faut désormais retourner Mo i Rana en stop pour y récupérer mon vélo, puis prendre le train jusqu’à Oslo. Tout un programme…

Kinnarodden – Saint-Vallier : le long retour

16 août 2012

Après avoir signalé à l’office du tourisme que je suis sain et sauf, l’auto-stop pour traverser l’arctique dans l’autre sens peut démarrer. Il me faudra 3 jours et 10 voitures pour admirer 1200 km de rivages, de forêts et de fjords sur un itinéraire différent de celui de l’aller.  Même s’il ne passe que quelques voitures à l’heure, le stop fonctionne bien par ici. Lors des pauses (les trajets sont longs), ce sont mes hôtes qui le plus souvent m’offrent un café, une glace, un repas ou même le ferry. Une fois encore, je suis agréablement surpris par la chaleur humaine des norvégiens. J’en profite pour les interroger sur leur pays afin de mieux le comprendre et de trouver des réponses aux questions restées en suspens.

Voici les détails d’une journée hors norme qui illustre que les conquêtes géographiques vont de pair avec les conquêtes humaines :

En ce premier jour du retour, une famille m’embarque pour quelques dizaines de kilomètres de “transport en commun” où la bonne humeur règne en maître. Apprenant que je viens d’avoir un an de plus aujourd’hui, ils m’invitent dans leur maison de campagne pour fêter l’événement. Une bouteille de mousseux (locale) est ouverte et je déguste des mûres arctiques avec de la crème, du sucre et des glaces : c’est un régal. Surtout après 2 mois de pâtes… Ils n’ont ni internet ni télé (avec pourtant 3 enfants), nous sommes sur la même longueur d’onde ! Très instruits sur la nature locale et l’histoire de son pays, je les harcèle de questions. Finalement, je suis invité pour le dîner et pour dormir. Le lendemain, j’aurai même droit à une visite guidée dans la forêt de pins la plus septentrionale du monde, agrémentée par une dégustation de toutes les baies dont elle regorge. Passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à la relation étroite entre l’homme et la nature, toutes les informations qui me sont données sont gravées systématiquement dans ma mémoire. Il me faut pourtant les quitter, ma route est encore longue.

Je récupère mon vélo à Mo i Rana, il devient alors difficile de continuer le stop avec ce bagage supplémentaire. Je décide donc de prendre le train, c’est alors que les choses se compliquent, mettant à rude épreuve mes nerfs. N’ayant pas pu réserver ma place à l’avance, il me faut payer 2 à 3 fois le prix normal, quand on veut bien me laisser monter avec le vélo (ce ne sont pas tous les trains qui les acceptent). J’essaye d’obtenir une dérogation en expliquant ma situation mais les contrôleurs sont intransigeants. Je  patiente pendant  des heures et les nuits sur le trottoir devant le hall fermé des gares sont interminables. 4 jours durant, j’enchaîne les trains, l’avion puis les trains. Après toutes ces épreuves passées en solitaire dans les grands espaces, celle de la civilisation est la pire !

Je finis par arriver à la gare du Creusot le 15 août 2012 où mes parents m’attendent, je peux enfin poser mes bagages. C’est avec joie que je retrouve les visages et les paysages familiers.

Les vidéos !

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