Presse : des nouvelles de Sachigo Lake

Un explorateur aux pieds nus visite les communautés du Nord ontarien

Extrait de l’article de James Murray publié le 31 juillet 2015

SACHIGO LAKE – En avril, Florian Gomet, de France, est arrivé en avion au Canada pour y entamer son exploration du Grand Nord canadien en se déplaçant uniquement en vélo et en kayak. Au cours de son périple, il a posé ses pénates dans plusieurs communautés amérindiennes isolées. « Je sais que les gens qui vivent dans des milieux isolés sont plus gentils que ceux des grandes villes, dit-il. Je suis très curieux de voir leurs conditions de vie et de découvrir leurs modes de vie. »

Le 11 juin 2015, Gomet est arrivé dans la communauté amérindienne de Sachigo Lake après quarante-cinq jours de voyage. C’est le vélo qui fut son premier moyen de transport, entre Cap Saint-Charles, au Labrador, et Pickle Lake, en Ontario, où il fit don de son vélo à une famille dans le besoin. Puis il a gonflé son kayak pour se rendre de Windigo Lake jusqu’à Muskrat Dam, où il a dû marcher dans un chemin d’hiver et pagayer encore un peu avant d’arriver dans la communauté amérindienne de Sachigo Lake.

Même si Gomet est parti de Sachigo Lake il y a plus d’un mois, les gens, dans cette communauté, parlent encore de sa visite et suivent son périple grâce au carnet de voyage qu’il tient sur Internet.

« Gomet m’a incité à jeter un nouveau coup d’œil sur la façon dont notre peuple a toujours voyagé, dit Claude McKay, conseiller municipal. Il est bon de voir quelqu’un s’attaquer à la même tâche et nous rappeler nos modes traditionnels de déplacement, avant l’arrivée des véhicules automobiles. De plus, il est inspirant de voir quelqu’un s’atteler à la réalisation de son rêve. »

Si Gomet a décidé de traverser ainsi le Canada, c’est qu’il n’était heureux ni de son travail ni de sa vie en France. C’est pourquoi il a entrepris de réaliser un de ses rêves d’enfance. « Quand j’étais enfant, dit-il, j’ai lu un livre portant sur la chasse au Canada et je n’ai jamais oublié cette histoire. »

Il voulait changer de mode de vie et devenir heureux.

« Ce qui m’intéresse, ajoute-t-il, c’est de trouver un nouveau mode de vie, d’établir de bonnes relations avec l’homme et son environnement, et que ce nouveau mode de vie me rende plus heureux que je ne l’ai été jusqu’à maintenant. »

Fait notable : Gomet ne porte pas de chaussures. « Je n’en porte pas pour une bonne raison, explique-t-il. Quand on en porte, on ne peut pas avoir une aussi bonne sensation du terrain, ni adopter pas une bonne posture naturelle. »

Gomet ajoute que le fait de porter des chaussures lui a déjà valu des maux de dos. Ayant lu quelque part que cela lui ferait du bien, il a décidé de se dispenser de chaussures. Il lui a fallu deux ans pour s’habituer à ne pas en porter, mais il admet qu’il en porte parfois, quand la situation l’exige (p. ex., lorsqu’il doit marcher sur du gravier).

Les membres de la communauté ont été surpris de cette absence de chaussures, ainsi que le déclare le conseiller McKay : « Je trouvais plutôt étrange de voir quelqu’un marcher pieds nus sur nos terrains plutôt accidentés. Mais il est bon qu’il ait quitté ses chaussures pour arpenter nos terres. »

Quand Gomet se déplace, son menu quotidien, pendant la journée, se compose d’un mélange de noix et de fruits séchés. Le soir venu, il se nourrit de céréales telles que le riz, le sarrasin et l’avoine. À son arrivée au Canada, il a acheté 180 kg de provisions alimentaires devant lui suffire pour six mois. Il a réparti ces provisions dans des colis qu’il a expédiés aux bureaux de poste des diverses communautés amérindiennes qu’il a visitées ou visitera au cours de son expédition.

Depuis son départ de Sachigo Lake, Gomet a entièrement traversé le Manitoba et est maintenant rendu à Wollaston Lake, en Saskatchewan. Il continue à se déplacer vers l’ouest et espère se rendre jusqu’à la côte de l’Alaska, sur le détroit de Béring.

« J’ai été très heureux de le rencontrer, conclut le conseiller McKay, et je serai très heureux de le voir mener son voyage à bon terme. Il m’a appris que, si on s’y met et qu’on reste fidèle à son rêve, on peut tout faire. »

Jerry Augustine & Tracey Mckay

Pour suivre les pérégrinations de Gomet, allez sur son site: www.cap-au-nord.com

– Pour en savoir plus : http://www.netnewsledger.com/2015/07/31/barefoot-explorer-visits-northern-ontario-communities/#sthash.RLKLm5el.dpuf

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