Auroville

22 janvier 2025 - Auroville

Déjà plus de 2 semaines que j’arpente avec joie et curiosité le Kerala, une magnifique région tropicale bordée par la mer d’Arabie. Situé au sud de l’Inde, ce secteur très boisé a pour emblème et principale richesse : le cocotier.

Après un printemps et un été chargé et intense, j’ai quitté la France début novembre pour participer à un stage de tantra en République Tchèque pour recevoir et pratiquer le désarmement. Une technique particulière (détaillée sur cette page) ayant pour objectif de libérer certaines tensions physiques et émotionnelles stockées dans le corps.

C’est donc délesté de quelques tensions que je suis arrivé en Inde pour la première fois avec l’intention d’y rester 5 mois afin de visiter des ashrams (celui de Amma, Sadhguru et Sivananda, entre autres), des communautés (Auroville) et certaines montagnes du Tamil Nadu (une région voisine au Kerala) peuplées de singes, d’éléphants et de tigres . C’est non loin de ces réserves que j’ai prévu d’organiser un jeûne et trek en février. La magie de la vie m’a d’ailleurs fait rencontrer par pur hasard dans les traboules de Kovalam un ancien trekkeur !….

J’apprécie particulièrement ce pays pour sa douceur (T entre 25-30 degrés), ses excellents fruits exotiques ainsi que le calme et la bienveillance des Indiens. Déjà quelques surprises comme la quasi absence de poubelles, de machines à laver et de code de la route (semble-t-il ) malgré la très grande densité de population (1,4 milliard). À mettre en contrepoint avec la quasi absence d’alcool, de cigarettes et de viande (en tout cas dans certaines régions), un contexte qui favorise sans aucun doute l’inclination pacifique de ce peuple.

Je me plais jusqu’à présent à me laisser traverser par l’Inde et ses paradoxes, comme celui de trouver la paix au milieu de l’agitation ambiante où se mêlent richesse et pauvreté au milieu de senteurs aussi diverses que variées.

Après une retraite vipassana de 10 jours (lire cet article pour en savoir plus), une technique de méditation qui consiste à voir ce qui est réellement, j’ai effectué une journée aventureuse en bus en direction de Munnar, une station de montagne, avec vue sur le 2ème plus haut sommet de l’Inde, qui se gagne au prix de quelques frayeurs routières et à renfort de grands coups de klaxonnes.

Ce massif montagneux qui culmine à 2700 m avait attiré mon attention alors que je préparais mon voyage en Inde depuis la France. Le relatif isolement de ce secteur ainsi que les informations glanées sur internet n’avaient décidé à organiser un jeûne et trek hivernal aux abords de cette montagne, en prévoyant de réaliser le repérage sur place un mois avant.

Hélas, c’était sans anticiper l’impossibilité de se procurer une carte géographique de la région et le manque d’intérêt des guides, habitués aux balades à la journée, pour organiser un trek sur mesure comme le mien. En réalité, les coteaux de ce massif sont presque entièrement consacrés à la culture du thé, ce qui limite fortement les possibilités de balades. Le groupe “Tata Tea” en est le propriétaire et les accès sont réglementés en accord avec l’administration des réserves naturelles qui gère le flux quotidien de milliers de touristes. Il n’y a pas de place pour l’aventure ici même si la région avec ses lacs et ses cascades est fort charmante. 

On pourrait se demander pourquoi cultiver autant de thé ? Ces arbustes aux feuilles amères peu ragoûtantes qui contiennent deux fois plus de caféine que le café ? C’est pour contrebalancer la consommation matin – midi – soir de féculents (blé et riz). En effet, le thé (comme le café et l’alcool) est un excitant qui vient compenser “l’effet-cul-lent” ou “le-fait-cul-lent” !

Après les montagnes de Munnar et le très relatif isolement dans le deuxième plus haut massif de l’Inde, j’ai rejoint en bus-couchette (une expédition à elle seule pour simplement trouver le bus au milieu de la cohu et des retards) la ville de Pondichéry et ses 1,2 millions d’habitants. J’ai pour habitude de bouder l’effervescence des grandes villes et, plus généralement, des lieux touristiques, mais cet ancien comptoir français qui a laissé son empreinte dans bien des noms de rue fait partie des incontournables lieux de visite. On y trouve notamment dans le quartier blanc, propre, calme et bien arboré, l’ashram de Sri Aurobindo, l’un des deux fondateurs (avec la Française Mirra Alfassa alias “la Mère’) d’Auroville.

Ailleurs à Pondichéry, l’agitation dense et un joyeux désordre règnent en maître dans les rues bondées où, en l’absence de trottoirs et dans un concert de klaxonnes ininterrompu se côtoient, au milieu de déchets en tout genre, les piétons, les deux roues, les voitures, les chiens errants, les chèvres et les vaches. C’est dans ce chaos organisé ou la vigilance est de mise à chaque instant que j’ai pu récupérer un ordinateur portable et reprendre du service, notamment avec la rédaction d’un article sur Vipassana (cf plus haut).

Ces quelques jours de visite à Pondichéry m’ont permis d’apprécier à sa juste valeur le calme, la propreté et l’ambiance verdoyante d’Auroville. Cette petite ville de 3500 habitants qui accueille chaque jour autant de visiteurs du monde entier est une véritable oasis de paix. Née d’une vision de Sri Aurobindo et de la Mère (dont les portraits sont affichés dans chaque bâtiment) dans les années 70, cette cité est sortie de nulle part au milieu d’un désert où 2 millions d’arbres ont été plantés. On peut aujourd’hui y circuler librement à vélo le long de ses innombrables sentiers agréablement ombragés.

Une des singularités d’Auroville est qu’elle n’appartient (acte du parlement) à personne mais à l’humanité. Créée en 1968 suite à une vision de Sri Aurobindo, cette cité se veut au service de la vérité et être un exemple concret de l’unité humaine. En théorie, quiconque peut résider dans ce haut lieu spirituel à condition d’être le serviteur volontaire de la conscience divine.

Pour moins de 10 euros par jour, on peut loger dans des chambres minimalistes et louer un vélo bien appréciable pour parcourir les nombreuses routes et chemins de latérite sillonnant les 2000 hectares de cette utopie bien réelle. L’ambiance rappelle celle d’un festival axé sur l’écologie, la santé et la spiritualité. Chaque jour on peut participer à des ateliers de yoga, méditation, bain sonore, chant de mantras et à des concerts. On trouve également sur place une ferme à spiruline, un restaurant végétal et cru et des cérémonies au cacao avec extatique danse sont proposées.

A peine arrivée dans cet oasis de sérénité que je vois comme un mariage heureux de l’orient et de l’occident, j’ai été assailli de nouvelles idées : projet de film, refonte du site internet, inspiration pour écrire, projets communautaires, etc. Ayant passé beaucoup de temps devant l’ordinateur et à faire du vélo (20 km tous les deux jours pour aller chercher des fruits mûrs, les grands absents de la cité !), les 12 jours où j’ai résidé sur place ont été très insuffisants pour que je découvre vraiment Auroville. J’aurais aimé comprendre ses rouages, comment les décisions sont prises, les hiérarchies établies, l’argent géré, etc, afin de percer à jour cette cité et vérifier qu’il ne s’agit pas d’une copie des autres villes avec juste un verni spirituel.

Ces doutes ont subsisté jusqu’au jour de la visite du Matrimandir, une vaste construction en forme de balle de golf dédiée à la méditation, l’attraction phare de la cité. Cette sphère dorée & incongrue trône au milieu de jardins somptueux, juste à côté d’un figuier banian gigantesque. Dans un silence religieux, de nombreux visiteurs se succèdent tout au long de la journée pour accéder à ce lieu protégé qui m’a fait penser au film “Nosso Lar, Notre demeure”. Au cours de la visite, on est autorisé à méditer 20 minutes dans une salle créée spécialement à cet effet au cœur du Matrimandir.

Une expérience unique et bouleversante qui m’a amené à penser qu’il n’y a peut-être pas de rouages cartésiens qui viennent gérer cette ville mais que son destin est bel et bien entre les mains du divin.

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