22 mars 2026 - Un hiver en Algarve au Portugal

Après la retraite chamanique en Suisse, j’ai mis le cap sur le sud de la France pour répondre à une interview réalisée en marchant par Hervé Pauchon, ancien journaliste chez France Inter, qui a créé son propre podcast : La Balado de Pauchon.
J’ai ensuite poursuivi ma route chez son cousin David, qui n’est autre que mon professeur de massages thaïs, pour une visite de courtoisie… et recevoir un soin des mains du maître. Le corps ainsi réaccordé, j’ai repris la route sans plus attendre pour fuir le froid et la pluie qui sévissaient en Provence.

Après avoir eu un rythme de vie trop soutenu du printemps jusqu’à la fin de l’année, je ne rêvais plus que d’une chose : me reposer. Je m’imaginais déjà tranquille sur une plage au sud du Portugal, sous le soleil, à l’ombre d’un arbre. Attiré par cette perspective et repoussé par l’humidité hivernale, j’ai traversé l’Espagne sous la neige sans m’y attarder. Trois jours de route, avec un jour de jeûne accompagné de ricin au milieu, et j’arrivais en terre promise exactement au moment du solstice d’hiver. Une mince éclaircie faisait alors ressortir le vert profond des forêts de chênes-lièges, d’eucalyptus et de pins.

À cette latitude, quelque chose change : l’hiver perd de son emprise, les paysages restent vivants, habillés d’un vert persistant. Après avoir franchi la frontière portugaise, je me suis installé non loin de Lisbonne, où j’étais inscrit à une Ecstatic Dance avec chants de mantras pour le réveillon. Malgré la verdure et les saules encore en feuilles, les journées restaient fraîches, avec parfois du gel la nuit. J’ai ainsi passé les fêtes de Noël au bord du Tage, me réfugiant dans une bibliothèque la journée pour écrire le Manuel de la Pleine Santé et me réchauffant le reste du temps avec de l’activité physique.

Sur les cartes météo, je lorgnais plus au sud, à 300 km de là, les relevés qui promettaient quelques degrés de plus. C’était mon premier hiver en van, et je devais composer avec une météo exceptionnellement froide pour le Portugal, à laquelle je n’étais pas préparé psychologiquement. Durant une bonne partie de l’année, je n’avais pas suffisamment écouté mon besoin de ralentir, que j’occultais sous prétexte que je me reposerais plus tard au Portugal. Grossière erreur. Je me retrouvais à devoir endurer le froid, ainsi que tous les besoins non entendus. En lieu et place du doux repos attendu, je faisais face à un amer dépouillement.

Cette période m’a rappelé quelque chose de simple et de fondamental : on vit toujours dans l’ici et maintenant. Ce que l’on repousse, en pensant que ce sera mieux plus tard, finit toujours par revenir. J’ai donc cessé de fuir dans des rêveries pour m’accorder le confort dont j’avais besoin. Dans ma situation, cela consistait simplement à m’habiller de la tête aux pieds, à faire tourner le chauffage bruyant du van et à accepter la réalité telle qu’elle est.

Un changement d’état d’esprit bien utile, car les quatre jours d’Ecstatic Dance ont été particulièrement froids, dans des lieux peu adaptés. Les chants, la danse, les mantras et quelques bûches ont suffi à créer la chaleur nécessaire pour passer un beau réveillon. C’est là que j’ai rencontré Dana, une Californienne fraîchement installée au Portugal avec son mari italien, qui m’a invité à passer quelques jours chez elle, à Lagos, au bord de l’océan, où il fait quelques degrés de plus.

Ainsi, début janvier, j’arrivais à Lagos, en Algarve, une ville de 30 000 habitants où l’on rencontre surtout des expatriés — principalement des Anglais, Allemands et Français — installés sous ce climat quasi tropical pour y trouver une manière de vivre plus humaine. Dana m’a alors introduit à La Casa del Corpo, un studio de danse tenu par une Française. On y pratiquait l’animal flow, l’acro yoga, la capoeira, la danse contact, la floor dance… Autant de pratiques qui m’intéressaient depuis longtemps mais que je n’avais pas, ou trop peu, l’occasion d’explorer en France. J’ai ainsi pris mes repères et mes aises à Lagos en m’inscrivant à de nombreux cours chaque semaine, tout en participant à des cercles de chant et à des ateliers de breathwork dans les environs. J’ai été très agréablement surpris de découvrir le riche éventail de pratiques corporelles proposées en Algarve.

Pendant un mois, mes journées étaient rythmées du matin au soir par ces activités. Et chaque soir, je retrouvais le même spot en pleine nature, à deux pas de l’océan, loin de la circulation automobile et des lumières de la ville. Un lieu idéal qu’un Français m’avait indiqué le jour de mon arrivée, comme un signe de bienvenue que m’adressait la région. Je devenais presque addict à toutes ces pratiques, tant mon corps appréciait et se transformait au contact de ces nouvelles formes d’expression. Mais au fond, quelque chose demeurait inchangé. J’avais appelé de mes vœux le repos et la solitude… et je me retrouvais à nouveau dans un mouvement constant, comme incapable de ralentir et d’accueillir le vide.

C’est finalement mon corps qui m’a arrêté dans cette agitation avec une déchirure des muscles intercostaux lors d’un cours d’acro yoga. Heureusement, l’immobilisation était relative : je pouvais encore marcher, courir un peu, mais plus rien d’intense. J’ai alors suspendu toutes les activités à La Casa del Corpo et me suis investi corps et âme dans l’écriture du manuel, sous la houlette d’Éole, qui a déchaîné des tempêtes pendant un mois et m’a maintenu dans un huis clos propice à l’introspection.

Beaucoup de questions restaient en suspens dans ma compréhension de l’hygiénisme et des mécanismes physiologiques qui le sous-tendent. Malgré une cinquantaine d’ouvrages lus, je restais sur ma faim et ma vision demeurait fragmentée. C’est avec l’intelligence artificielle que j’ai finalement pu assouvir ma soif de connaissances. L’écriture du livre s’est alors transformée en une aventure aussi passionnante qu’inattendue, me rappelant l’énergie et l’état d’esprit qui m’habitaient en expédition. Je pensais ne plus jamais revivre une telle intensité. Et pourtant, d’une autre manière, elle est revenue à travers ce travail d’écriture.

On dit parfois que les enfants réalisent les rêves de leurs parents. Mon père rêvait d’être révolutionnaire, ma mère d’étudier la biologie. J’ai parfois le sentiment que mon chemin vient réunir ces deux élans.

En parallèle, mon rapport aux réseaux sociaux a profondément changé. J’en percevais de plus en plus les aspects négatifs — superficialité, mise en scène, simulacre — et de moins en moins les bénéfices. J’ai donc suspendu mes comptes Instagram et Facebook. Le temps libéré m’a permis de jouer de la guitare chaque jour, de lire davantage, de revenir aux classiques (notamment Barjavel et Saint-Exupéry), et surtout d’être plus présent à moi-même. Cette décision m’a aussi amené à plonger davantage dans le silence et la solitude. J’ai ainsi réalisé que l’arrêt des réseaux sociaux était un merveilleux cadeau, qui avait grandement amélioré ma qualité de vie, comme si j’avais refermé la porte d’un gouffre prêt à m’aspirer.

Ce qui me retenait, entre autres, c’était la croyance que j’avais besoin d’eux pour développer mon activité professionnelle. Une activité actuellement en berne, qui elle aussi m’apporte un dépouillement purificateur où brûlent les impuretés de l’ego. Même si le découragement me rend parfois visite, je crois profondément au message véhiculé par l’alimentation vivante, quand bien même il demeure encore largement incompris. Ainsi, l’hiver remplissait sa fonction en me faisant descendre dans mes profondeurs pour y apporter la lumière. La vie, comme souvent, a accompagné ce mouvement. Un chat nomade est venu me rendre visite régulièrement, et j’ai adopté un cactus qui m’accompagne désormais dans mes méditations quotidiennes.

Sinon, côté fruits, je me suis régalé tout l’hiver, notamment à Lagos, où j’ai trouvé un vendeur extraordinaire. Kakis, clémentines, mangues, papayes, anones… ils ont constitué l’essentiel de mon alimentation. J’ai aussi dormi profondément, souvent 9 à 10 heures par nuit, jusqu’à sentir une véritable régénération.

Aujourd’hui, la saison des kakis s’achève, et des milliers de fleurs sortent de terre, pointant leur corolle vers le ciel comme autant de trompettes victorieuses annonçant la fin de l’hiver.

Je sens une énergie nouvelle, une poussée de vie, comme si le printemps montait en moi. Ma côte est guérie, je dors déjà moins, et mille idées émergent, accompagnées d’autant de projets…

Le temps de quitter le sud de l’Europe approche. Je me prépare à reprendre la route, revenir en France… et entrer dans une nouvelle saison. Nul doute que je reviendrai goûter à la douceur de ce pays et de ses habitants chaleureux.

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