Introduction
Depuis 2003, l’OMS et l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture recommandent une consommation en lipides comprise entre 15 et 30%. Ce pourcentage signifie que pour une consommation quotidienne de 2000 Kcal (valeur pour un sédentaire peu actif), entre 300 kcal (15% de 2000) et 600 kcal (30% de 2000) devraient provenir des lipides. Actuellement, un Français moyen consomme 40% de lipides. Chez un crudivore habitué à la crusine à base d’oléagineux, ce pourcentage est parfois compris entre 40 et 60% !
L’excès de lipides est depuis longtemps décrié pour ses effets néfastes sur le système cardiovasculaire et il est maintenant reconnu comme étant la cause principale du diabète de type 2. Les crudivores, eux, se pensent à l’abri car ils consomment des matières grasses crues. Je vous laisse découvrir dans cet article nombre de mécanismes biologiques qui semblent indiquer que l’excès de matières grasses explique bien des échecs survenus lors de la transition vers l’alimentation vivante.
La chimie des lipides
Le terme lipide désigne les substances huileuses non solubles dans l’eau telles que les graisses, les huiles, les cires, les stérols et les triglycérides. Ils constituent la matière grasse des êtres vivants et ils sont par nature hydrophobes ou amphiphiles (une partie hydrophobe qui repousse l’eau et une partie hydrophile qui aime l’eau). Cette propriété amphiphile est à l’origine des bicouches lipidiques fluides et flexibles qui constituent les membranes biologiques de nos cellules.
Les lipides sont officiellement classés en 8 catégories. Les 3 plus connus sont :
- Les acides gras. Ce sont des chaînes d’atomes de carbone sur lesquels sont fixés des atomes d’hydrogène. Les acides gras sont dits “saturés” ou “insaturés” en hydrogène suivant le nombre de doubles liaisons existantes entre les atomes de carbone (0 double liaison = saturés, 1 double liaison = monoinsaturés, 2 doubles liaisons ou plus = polyinsaturés). Les acides gras saturés sont solides à température ambiante, quant aux mono insaturés et polyinsaturés, ils sont liquides à température ambiante. Plus un acide gras est polyinsaturé et plus son point de fusion est bas.
Les acides gras sont aussi classés en cis (caracaterisés par une température de fusion basse) ou trans (suite à l’exposition à la chaleur ou suite à une hydrogénation industrielle).
Lorsque les acides gras se stockent en se regroupant par 1, 2 ou 3 autour du glycérol (un alcool naturellement présent dans l’organisme), ils forment alors des mono, di ou triglycérides. - Les stérols et ses dérivés que sont le cholestérol, les stéroïdes (testostérone, œstrogène, cortisol) et la vitamine D.
- Les phospholipides qui sont des constituants majeurs des membranes cellulaires des tissus nerveux.
Les acides gras, les stérols et les phospholipides constituent l’essentiel des lipides de l’alimentation humaine. Ce sont tous des constituants des membranes cellulaires dont les cellules dépendent pour maintenir leur structure, s’oxygéner, absorber les micronutriments et évacuer leurs déchets. Les lipides jouent aussi un rôle essentiel dans la croissance, le recyclage des cellules et la production d’hormones.
Au début du 21ème siecle, le médecin et chercheur John M. Rose est le premier à avoir identifié les fonctions des acides gras sur la santé et l’importance de maintenir un équilibre adéquat dans l’apport alimentaire des différents acides gras. Il en a déterminé deux en particuliers qu’il a appelé “acides gras essentiels” car notre corps ne sait les synthétiser et il a donc besoin de les trouver dans l’alimentation. Selon Rose, les deux acides gras essentiels sont :
- L’Acide Alpha-Linolénique (AAL, de la famille des oméga 3).
- L’Acide Linoléique (AL, de la famille des oméga 6).
Ces deux acides gras polyinsaturés sont des briques élémentaires à partir desquelles le corps fabrique 12 autres acides gras. Tous les acides gras constitués à partir d’AAL sont appelés oméga 3, et tous ceux formés à partir d’AL sont appelés oméga 6. Mais tous les oméga 3 et 6 ne sont pas indispensables, seuls l’AAL et l’AL le sont.
Les propriétés des lipides
Les lipides couvrent une gamme de molécules essentielles au fonctionnement du corps, tandis que les graisses se réfèrent principalement aux triglycérides qui sont une forme de stockage d’énergie. Ainsi, toutes les graisses sont des lipides, mais tous les lipides ne sont pas des graisses.
Les graisses végétales ont tendance à être liquides et donc polyinsaturées (sauf l’huile de coco) et les graisses animales ont tendance à être solides et donc saturées (sauf l’huile de poisson). La digestibilité, l’assimilation et l’utilisation des lipides est meilleure quand ils sont polyinsaturés car leur fluidité les rend plus malléables pour le corps qui sait les saturer à sa guise (en ajoutant de l’hydrogène) selon ses propres besoins.
Les lipides sont se distinguent des autres macronutriments :
- Par leur teneur élevée en calories. Tandis que 1g de glucides ou de protéines contient 4 kcal, 1g de lipides en contient 9.
- Ils sont absorbés directement par le système lymphatique au niveau de l’intestin c’est pourquoi ils entrent dans le sang sans passer par le foie.
- Leur digestion est lente. 600 calories de lipides peuvent prendre jusqu’à 5h de digestion. Mélangés à d’autres aliments, ce temps de digestion est encore augmenté et un repas de protéines + gras peut rester jusqu’à 10h dans l’estomac.
- Leur (quasi) absence d’odeur et de goût. On les reconnaît davantage à leur texture.
Nos tissus adipeux contiennent 10% d’acides gras essentiels. L’Acide Alpha-Linolénique (AAL, de la famille des oméga 3) et l’Acide Linoléique (AL, de la famille des oméga 6) sont essentiels pour la santé de notre peau et des cheveux, pour le développement et la croissance, le bon fonctionnement du système immunitaire et glandulaire. Les oméga 6 (que l’on retrouve en quantité dans les graines de tournesol, les pépins de raisin, les noix, etc) ont une action proinflammatoire, prothrombique et hypertenseur, alors que les oméga 3 (que l’on retrouve en quantité dans le lin, les graines de cassis, l’onagre, etc), a contrario, ont une action antioxydante, sédative et vasodilatatrice. Les oméga 3 et 6 ont donc des actions complémentaires c’est pourquoi il est recommandé d’équilibrer ses apports en les consommant en quantité équivalente.
Les bienfaits des lipides
S’ils sont de bonnes qualités (cf plus bas), les lipides présentent différents intérêts pour le corps :
- Une fois stockées sous forme de graisses, ils isolent du chaud et du froid.
- Ils remplacent les graisses jaunes (les mauvaises graisses) par des graisses brunes qui ont 18 fonctions métaboliques importantes dans le corps. Lire cet article sur les bienfaits du froid pour en savoir plus.
- Ils forment la gaine de myéline isolante autour des nerfs et participent à la bonne circulation du courant électrique.
- Certains lipides (principalement les oméga 3) sont connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires.
- Par leur propriétés liposolubles les lipides sont des bons nettoyants des déchets colloïdaux (colles, mucus, etc).
- La consommation de lipides stimule la production de bile qui est alcalinisante, antitoxique (elles dissout les toxines liposolubles) et stimule le péristaltisme.
- Ils sont le support des vitamines liposolubles A, D, K et E.
Nos besoins en lipides
Malgré toutes ces informations scientifiques qui sont à notre disposition, il est important d’avoir en tête, comme le précise le célèbre biochimiste, naturopathe et herboriste Robert Morse, que nos besoins physiologiques sont globalement méconnus, en particulier nos besoins en matières grasses. D’ailleurs, les résultats d’études récentes laissent à penser que l’AAL ne serait pas essentiel car le corps serait capable d’en produire.
Les besoins en acides gras essentiels
Selon les standards actuels de la nutrition qui ne font pas débat, le ratio idéal oméga 6 : oméga 3 dans l’alimentation devrait être compris entre 1 : 1 (comme dans le cerveau) et 4 : 1. Actuellement, le rapport chez les consommateurs est compris entre 10 : 1 et 30 : 1 ce qui provoque d’importants états inflammatoires chez les personnes qui surconsomment des oméga 6.
Et selon les recommandations officielles du conseil d’alimentation et de nutrition de l’institut américain de médecine, nos besoins en acides gras essentiels seraient compris entre 1 et 1,6 g d’AAL (oméga 3) et entre 1 et 6,4 g d’AL (oméga 6). Pour une personne sédentaire qui consomme 2000 calories par jour, les besoins en AAL représentent environ 0,5% du ratio calorique soit 10 calories, l’équivalent d’un tiers de cuillère à café.
Notes :
- Les valeurs officielles en nutrition sont, principe de précaution oblige, toujours surévaluées.
- On retrouve l’AAL dans toutes les membranes cellulaires des feuilles vertes.
Les besoins en acides gras insaturés
Selon les recommandations standards qui, là aussi, ne font pas débat, il est préférable de consommer deux à quatre fois plus d’acides gras insaturés que d’acides gras saturés. Faute de quoi ces derniers deviennent nocifs pour le système cardiovasculaire et sont, entre autres, responsables de l’athérosclérose.
Notes :
- On retrouve principalement la bonne proportion de graisses insaturées/saturées dans les aliments du règne végétal : fruits, légumes et noix.
- Dans les produits animaux c’est l’inverse, il y a en moyenne 4 fois plus de graisses saturées que d’insaturées.
De quelle quantité de lipides avons-nous besoin par jour ?
Selon l’observation
Si l’on regarde les animaux les plus proches de nous génétiquement, les chimpanzés, ils auraient un rapport calorimétrique de lipides de 5%. Ce qui signifie que sur un repas de 2000 calories, 100 g environ proviennent des lipides, soit seulement 11 g de lipides.
Et si l’on étudie les peuples réputés avoir beaucoup de centenaires, comme à Hunza (au Pakistan), en Abkhazie (en Russie) et à Vilcabamba (en Equateur), ils auraient un rapport calorimétrique de lipides compris entre 15 et 18%. Ce qui signifie que sur un repas de 2000 calories, 300 g environ proviennent des lipides, soit seulement 35 g de lipides.
Selon les instances officielles
Comme précisé dans l’introduction, les recommandations officielles considèrent que l’on a besoin de 15 à 30 % de lipides (en rapport calorique) mais ces valeurs sont surevaluées sous la pression de certains lobbys. Les produits animaux étant riches en matières grasses (évidentes ou cachées), recommander un pourcentage de lipides inférieur aux standards actuels ferait baisser les ventes.
Selon les médecins américains pro-véganisme
Plusieurs cardiologues américains comme le Dr Dean Ornish, le Dr Caldwell Esselstyn, le Dr Neal Barnard ; certains centres américains parmi les plus prestigieux (titre qui se mesure au nombre de guérisons) comme le Pritikin Longevity center ; ainsi que bien d’autres spécialistes, comme le Dr Michael Greger et le Dr Gabriel Cousens, recommandent une alimentation végétalienne pauvre en gras, à savoir 10% seulement. Ce qui fait sens avec les observations que l’on fait sur les chimpanzés et dans les zones bleues où il y a une forte concentration de centenaires.
Note : Chaque jour notre corps recycle les lipides (et les protéines) d’environ 200 g de cellules mortes pour produire de nouvelles cellules. Cela explique pourquoi nos besoins en lipides sont faibles.
Selon les régimes pro-viande
Face à la flambée des épidémies (cancers, diabètes, maladies chroniques, etc) et à la confusion qui règne dans le milieu de l’alimentation, de nombreux régimes divers et variés ont vu le jour. Certains connaissent un succès sans précédent, comme le régime “low carb” (c’est-à-dire pauvre en glucides, connu aussi sous le nom de régime Atkins) ou encore le régime cétogène qui donnent la part belle aux lipides.
Selon le Dr Michael Greger (qui est favorable à une alimentation exclusivement végétalienne) ainsi que le directeur du département de nutrition à Harvard, le régime Atkins (et a fortiori le régime cétogène) provoque, entre autres troubles, des problèmes cardiovasculaires et hépatiques, des carences, l’ostéoporose, l’arthrose, le diabète, la fatigue chronique et l’obésité.
Notes :
- Si l’on consomme peu de lipides, on va forcément avoir un régime alimentaire riche en glucides ce qui peut soulever certaines craintes que je démystifie dans cet article : “Quid du sucre dans l’alimentation vivante ?”
- Certaines personnes pensent avoir un bec “salé” et ne pas aimer les fruits, elles tirent alors leur énergie des aliments gras ou cuits, notamment des céréales. En limitant fortement leur consommation, la faim naturelle pour les fruits reviendra d’elle-même.
- Lire cet article pour en savoir plus sur les méfaits du régime cétogène.
Le problème des excès de lipides
Lorsque l’on donne peu de glucides au corps, celui-ci est forcé d’en produire lui-même à partir des graisses car certaines de nos cellules sont glucodépendantes et c’est pour cette raison que le corps maintient à tout prix une glycémie comprise entre 0,7 et 1 g/L. Preuve, s’il en est besoin, que les glucides sont vitaux pour l’organisme. Outre le coût énergétique supplémentaire demandé à l’organisme, la transformation des graisses en glucose, appelée néoglucogenèse, produit des déchets comme l’acétone et d’autres types de cétone. Le corps se met alors en cétose, comme pendant un jeûne, sauf qu’il n’est pas en jeûne et il n’en tire aucun bénéfice.
Toutes les membranes cellulaires sont constituées de lipides, et ces derniers ont tendance à s’agglutiner en bulles dans un milieu aqueux. C’est pourquoi, et ce point est capital, l’excès de lipides ou la consommation de lipides de mauvaise qualité vont générer un filtre lipidique autour des cellules qui va gêner le passage de l’oxygène et des nutriments veulant se frayer un chemin dans les cellules. En outre, comme la digestion des lipides est lente, ceux-ci, consommés en excès, vont rester pendant des heures dans le sang et entraîner les perturbation suivantes :
- L’insuline aura des difficultés à se fixer sur les récepteurs qui lui sont dédiés à la surface des cellules ce qui va engendrer un pic de glycémie et favoriser, à terme, l’apparition du diabète de type 2. Pour cette raison, une des combinaisons alimentaires les plus néfastes est de mélanger des glucides avec des lipides.
Note : Le Candida Albican est une levure naturellement présente dans l’organisme qui prolifère en excès chez les personnes dont la glycémie est trop élevée car son rôle est de réguler le taux de sucre dans le sang. Pour cette raison, un excès de lipides est indirectement une cause du parasitage par cette levure. - Les cellules sous-alimentées en oxygène et micronutriments peuvent muter et devenir cancéreuses. Cette famine cellulaire va stimuler l’envie de consommer des excitants (thé, café, cacao, épices, etc) et des aliments concentrés en micronutriments (superaliments, eau de mer, jus de légumes, etc).
- Un épaississement du sang qui va provoquer une hypertension et gêner les globules rouges pour transporter l’oxygène.
- Un ralentissement important de la digestion lorsqu’ils sont associés à des protéines lors d’un repas. Ce dernier peut rester pendant une dizaine d’heures dans l’estomac et provoquer des aigreurs chez ceux qui vont manger des fruits à la suite, même si c’est le lendemain matin.
Le danger des mauvaises graisses
Dans cet article sur les jus de fruits frais, j’ai montré que l’évolution de la glycémie suite à la consommation d’un crumble aux pommes (dessert cru avec des noix) fait davantage monter la glycémie (en la perturbant plusieurs heures) que boire un litre de jus de pommes d’une traite. Cela montre sans équivoque que les lipides perturbent le métabolisme du sucre, y compris quand ils sont crus !
Ceci-dit, toutes les perturbations provoquées par la consommation de lipides (cf paragraphe précédent) sont amplifiées si on consomme des graisses de mauvaise qualité. Car à défaut des bons acides gras (en particulier les oméga 3), le corps se contente d’élaborer des membranes cellulaires avec de mauvaises graisses et celles-ci deviennent moins perméables aux nutriments. L’organisme peut alors avoir le sentiment de mourir de faim et d’être asphyxié. En outre, sans acides gras essentiels, on ne peut pas brûler ses propres réserves de graisses. C’est pourquoi les mauvaises graisses provoquent les fringales, l’obésité et la dépression.
Quelles sont les mauvaises graisses ?
Les huiles raffinées
Le raffinage des huiles comprend plusieurs étapes, comme la décoloration, la désodorisation et le traitement avec des produits chimiques pour éliminer les impuretés, les acides gras libres, les composés toxiques et les pigments. Lors du raffinage des huiles les antioxydants comme la vitamine E sont éliminés ce qui favorise le rancissement de l’huile (causé par l’oxygène, la chaleur et la lumière), ce à quoi on ajoute des additifs pour qu’elle reste consommable au goût. Pour ces raisons, les huiles raffinées sont extrêmement toxiques pour l’organisme et ne devraient jamais être consommées.
Les matières grasses chauffées
Certaines huiles supportent mieux la cuisson (comme les huiles d’olive, de tournesol ou de coco qui ont des points de fumée élevés) que d’autres (comme l’huile de lin, de noix ou de chanvre) qui deviennent toxiques si on les utilise en cuisson. Quoi qu’il en soit, moins une huile est chauffée et moins elle développe de substances toxiques. Plus généralement, les acides gras polyinsaturés, qui sont les plus bénéfiques au corps, sont détruits par la chaleur et se transforment en acides gras saturés. Pour bénéficier des bienfaits des lipides, il convient donc de les consommer crus.
Les acides gras trans des lipides chauffés ou de synthèse
Quant aux acides gras trans obtenus par une hydrogénation ou exposition à la chaleur, que l’on retrouve par exemple dans les margarines, ils sont tous indésirables car ils sont très mauvais pour le système cardiovasculaire.
Les acides gras des produits animaux
Les graisses saturées qui sont majoritaires dans les produits animaux provoquent des troubles cardiovasculaires comme l’athérosclérose. En outre, les organismes stockant les toxines dangereuses dans les adipocytes, on retrouve des traces de vaccins, de médicaments, d’antibiotiques et d’hormones dans les graisses animales. Les produits comme la viande, le poisson, le fromage, les pâtisseries et autres produits industriels contiennent également des graisses cachées qui ne sont pas négligeables.
Évaluez vous-même votre propre consommation de lipides
Pour vous faire une idée de quelles quantité et qualité de lipides vous consommez, vous pouvez utiliser des calculateurs spécialisés comme Cronometer, Nutridiary ou Fitday en prenant note que les mesures indiquées concernent les parties consommables des aliments et non les noyaux, peaux, écorces, etc. Même si ces bases de données ne sont pas forcément très justes et que la qualité des végétaux (qui dépend de la maturité au moment de la récolte, du mode de culture et de la richesse des sols) peut grandement influencer leur richesse nutritionnelle, elles permettent de se faire une idée du contenu de notre alimentation.
Si vous pensez que l’alimentation végétale et vivante n’est pas faite pour vous car vous elle vous fait perdre du poids, certes, c’est peut-être que les détox sont trop fortes mais dans bien des cas c’est simplement que vous ne mangez pas assez. En cela, les applications de calculs des calories sont très utiles pour vérifier.
Et si vous pensez que l’alimentation végétale et vivante n’a pas été efficace pour régler certains de vos problèmes de santé ou qu’elle provoque des troubles digestifs, vérifiez avec ces applications quel est le % de lipides consommés au quotidien. Si ce chiffre est supérieur à 20% (ce qui est déjà le double de ce qui est nécessaire) alors vous pouvez réduire votre part de lipides et voir s’il y a des améliorations.
Exemple d’analyse d’un repas végétal et cru
Analysons avec Cronometer le contenu nutritionnel suivant qui pourrait être le total des aliments consommés sur une journée par un crudivore végétalien :
- 1 kilo de kiwis, de tomates et de bananes
- 500 g de mangues et de laitue romaine
Au total, 2075 calories dont 100 calories de lipides soit 4,8% de lipides dont 1,6 g de AAL et 1,1 g de AL.
Pour atteindre la limite inférieure des 10% recommandés en alimentation vivante, il suffit d’ajouter, sur la base d’une consommation journalière de 2000 calories, 100 calories de lipides soit :
- 17 g de noix sèches (amandes, noisettes, etc) OU
- 20 olives de taille moyenne (4 g une fois dénoyautée) OU
- 1 cuillère à soupe d’huile (15 ml) OU
- 65 g de chair d’avocat
Pour atteindre la limite supérieure des 20% recommandés en alimentation vivante, il suffit d’ajouter, sur la base d’une consommation journalière de 2000 calories, 300 calories de lipides soit :
- 50 g de noix sèches (amandes, noisettes, etc) OU
- 60 olives OU
- 3 cuillères à soupe d’huile (45 ml) OU
- 200 g de chair d’avocat
Notes :
- La digestion des lipides prend plusieurs heures : 2h environ pour 10% de lipides frais (avocat, olive ou coco fraîche) et jusqu’à 10h pour 20% de lipides provenant de graines oléagineuses. C’est pourquoi il est préférable de ne pas consommer de fruits sucrés dans les heures qui suivent (entre 2 et 10h) un repas riche en lipides.
- Comme nous n’avons pas besoin de beaucoup d’aliments gras, il est préférable de les regrouper sur un seul repas et de les manger seuls (ou avec des légumes) pour faciliter leur digestion et éviter la surconsommation que suscite souvent les mélanges.
- Le foie et le pancréas ont une horloge interne et leur fonctionnement est optimal en journée mais pas la nuit. Consommer des lipides tard le soir peut ainsi perturber la digestion et le sommeil.
Ce qui est remarquable quand on analyse le contenu en lipides des fruits et des légumes crus c’est, qu’en moyenne :
- Ils contiennent 5 % de lipides (hors oléagineux qui en contiennent en moyenne 70%).
- On retrouve le rapport 1 : 1 idéal entre oméga 6 et oméga 3.
- Il y a deux fois plus d’acides gras insaturés que de saturés, y compris pour les oléagineux.
Bref, tout semble indiquer que les fruits et légumes crus sont des aliments idéaux pour les êtres humains.
Nos besoins en lipides sont-ils variables ?
Est-ce que les besoins moyens en lipides varient d’un individu à l’autre en fonction des gènes, du sexe, de l’activité physique ou de la latitude du lieu de vie ? Est-ce 5% pour l’un, 10% pour l’autre ou bien encore 20% selon les circonstances ?
Cette question revient à se demander si un cheval au repos dans son enclos dans une région chaude aura, comparativement, besoin d’un régime alimentaire différent d’un cheval sollicité pour le travail dans une région froide. En réalité, dans ce scénario, les deux mangeront du foin ou de l’herbe, la seule différence sera la quantité consommée. Il en est de même pour l’humain, quelle que soit notre activité et notre lieu de vie, les proportions de lipides ne devraient pas être très différentes, seulement la quantité totale de calories devrait marquer une différence notable.
Lire cet article pour en savoir plus sur le lien entre alimentation vivante et frilosité.
Pourquoi sommes-nous attirés vers les graisses ?
Si nous avons peu ou prou tous les mêmes besoins en lipides, alors pourquoi sommes-nous généralement attirés pour en consommer plus que les 10% recommandés ? Pour plusieurs raisons :
- Une acidose dans le corps peut stimuler l’envie de consommer des lipides qui agissent comme un baume grâce à leur effet tampon sur les acides.
- Les lipides apportent de la densité aux estomacs habitués aux repas denses et cuits en début de transition alimentaire.
- Les lipides limitent la perte de poids chez les sujets qui ne consomment pas assez de calories sous forme de fruits sucrés.
- Par leur digestion lourde, les lipides freinent les détox (physique et psychologique) en dissipant l’énergie nerveuse qui serait normalement allouée pour détoxifier le corps et pleinement ressentir les émotions. La consommation de gras aide à fuir ces deux mécanismes salutaires mais inconfortables.
L’expérience montre que notre attirance pour lipides doit être quelque peu contrôlée mentalement, y compris pour les graisses végétales crues. Cela semble aller à rebours d’un principe clé en alimentation vivante, à savoir : “Du moment que c’est végétal et cru, notre instinct est toujours juste et on peut donc manger tout ce que l’on veut, autant que l’on veut”. Pour en savoir plus sur ce principe clé, lire cet article sur l’alimentation sensorielle.
Alors pourquoi ne pourrait-on pas se laisser aller à ses envies d’avocat, d’huile ou de noix ? Pour plusieurs raison :
- Le gras a peu de goût et il n’est pas évident de l’identifier avec nos papilles, c’est plus à sa texture qu’on le reconnaît et c’est pour cette raison que l’on en consomme facilement en excès sans nécessairement s’en apercevoir.
- Les fruits gras sont beaucoup moins abondants que les fruits sucrés et on ne les trouve qu’à certaines périodes de l’année. Par conséquent, il est naturel pour le corps de faire le plein quand l’occasion se présente. Pour cette raison, on ne peut pas se fier uniquement à son arrêt sensoriel envers les lipides quand on en a à disposition et en abondance toute l’année.
- Si vous prenez du poids en consommant des bonnes matières grasses vous avez la preuve que le corps ne sait pas quoi en faire et c’est pour cela qu’il les stocke.
En conclusion, puisque l’on a accès aux matières grasses toute l’année dans notre société, le revers est que nous devons faire intervenir notre mental pour recréer les conditions naturelles de rareté de ce macronutriment. De même que dans un contexte où l’on a de la nourriture en abondance toute l’année, il devient nécessaire pour sa santé de jeûner de temps en temps.
Quid des huiles ?
Seules les huiles bios de première pression à froid sont consommables, et encore, sous réserve qu’elles ne soient pas devenues rances par le contact avec la lumière, la chaleur et l’oxygène. On repère une huile rance à son goût désagréable. Goûtez vos huiles et écoutez ce que vous disent vos papilles. Certaines huiles, comme celles de sésame et d’olive, sont moins sujettes que d’autres au rancissement car elles sont riches en antioxydants. A contrario, l’huile de lin, réputée pour sa richesse en oméga 3 et ses propriétées anti-inflammatoires, rancit facilement, il est donc impératif de la conserver au frigo et de vérifier son goût avant usage, même pour une bouteille neuve.
Comme on l’a vu précédemment, nos besoins en lipides sont faibles et, de surcroît, il est très facile de les combler avec une petite quantité d’oléagineux. Les huiles sont globalement des calories vides qui peuvent devenir rances, il est donc préférable de manger les aliments gras sous leur forme brut et ainsi bénéficier de l’ensemble de leurs nutriments.
En revanche, les huiles peuvent être intéressantes en application cutanée si, par exemple, on a la peau sèche. Elles sont également utiles pour se purger, à l’instar de l’huile de ricin qui nettoie les colles, ou encore de l’huile d’olive présente dans la cure Moritz.
Conclusion
J’ai pu observer chez mes consultants qu’une alimentation avec 10% de lipides peut entraîner des fringales d’aliments non physiologiques (fromage, frites, viennoiseries, etc) riches en lipides. Dans ce cas, il est préférable d’incorporer davantage de lipides sans toutefois dépasser la barre des 20%, sans quoi il y aura plus d’inconvénients que d’avantages.
Selon mon expérience, pour consommer 10% de lipides et ainsi optimiser son niveau d’énergie et sa santé, il est nécessaire de :
- Reprogrammer son mental pour manger des volumes plus importants de fruits et légumes (5 kilos par jour en ce qui me concerne).
- D’habituer progressivement son estomac à contenir des volumes plus importants de nourriture car il a perdu de ses capacités suite à la consommation de nourritures cuites et denses.
- Avoir à disposition une variété suffisante de fruits mûrs que vous aimez. Variez sur une journée les fruits aqueux, acides, sucrés, amers, denses ou doux selon vos envies.
- Dépenser 40% de ses calories dans une activité physique afin de gérer les détox et le flux d’énergie important que les fruits apportent.
- Suivre un accompagnement émotionnel et spirituel pour gérer les détox émotionnelles si l’on souhaite maintenir cette alimentation sur le long terme.
- D’y aller progressivement en testant plusieurs fois par an des périodes, allant d’une semaine à un mois, sans consommer aucun aliment gras.
Ce qui est important à retenir c’est que l’on n’a pas besoin de beaucoup de matières grasses et qu’un excès peut être préjudiciable pour la santé et la bonne réussite de la transition alimentaire. Au final, le bon % de lipides pour chacun est celui qui stabilise l’alimentation vers un maximum d’aliments physiologiques sans donner de fringales ni perturber la digestion. Ce critère est également valable pour la consommation de jus de légumes, d’eau de mer, d’aromates et autres superaliments. L’équilibre alimentaire (qui est temporaire car tout est impermanence) est atteint quand vous vous sentez pleinement nourri après un repas, sans vous sentir lourd.
Pour aller plus loin
Si vous voulez en savoir plus au sujet des lipides et de l’alimentation vivante, je ne peux que vous conseiller cette lecture : “Le régime 80/10/10” de Douglas Graham que je me permets de partager gratuitement au format epub car l’édition française n’est hélas plus disponible. Vous y trouverez notamment les références des multiples résultats d’études que je mentionne dans cet article.
5 réponses
»L’équilibre alimentaire (qui est temporaire car tout est impermanence) est atteint quand vous vous sentez pleinement nourri après un repas, sans vous sentir lourd. »
J’adore cette phrase. Pleine de bon sens et puissante. Je trouve qu’elle nous invite à tester / appliquer les concepts tout en les dépassant finalement. Dans le sens à revenir »in fine » au ressenti, comme indicateur de la bonne application pour soi de ce qu’on a appris en amont 👍🏻🙏🏻
Exactement ! C’est pour cela que je dis que l’alimentation vivante et l’hygiénisme sont avant tout un chemin de reconnexion à soi et à son ressenti. C’est cela l’objectif principal. Les bienfaits sur la santé ne sont que des bénéfices collatéraux.
Merci Florian, et bravo une fois de plus, pour cet article extrêmement complet. En effet, le sujet du gras amène souvent de grand débat, autant parmi les crudivores que les omnivores !
Holà Florian, un grand merci pour ce partage très instructif. Ces rappels font un bien fou !!! Merci également de glisser à chaque fois que c’est nécessaire, les liens qui nous mènent aux articles que tu as déjà publiés sur le sujet, sans que l’on ait à les chercher, c’est ainsi d’une fluidité et clarté instructives. Je n’ai pas réussi à ouvrir les 5 parties du livre de Douglas Graham… je tombe sur le message suivant :
« La page ne peut pas être trouvée.
Il semble que rien n’a été trouvé à cet emplacement. »
Belle journée à toi et merci encore.
Carol (page FB Christian Mathieu)
Bonjour Carol, merci pour ton message ! Tu as juste a recharger la page pour mettre les liens a jour.