Pour une bonne année
Les bonnes résolutions — du latin resolutio, qui signifie « délier » — sont des engagements envers soi-même qui peuvent se prendre chaque jour de l’année. Il s’agit de mettre en place des choix justes, ceux qui délient de la souffrance, dès lors que l’on comprend que l’on a tout à gagner à abandonner certaines habitudes issues de fausses croyances. Lorsqu’on pense avoir compris une vérité ou un principe mais qu’on ne l’applique pas, ou seulement partiellement, c’est qu’en réalité on ne l’a pas encore intégré dans toute sa profondeur. En effet, il n’existe aucun inconvénient réel à se délier d’anciennes habitudes toxiques pour se relier à sa nature authentique et à ses besoins véritables.
Ces considérations générales m’amènent à parler des fruits car, en réalité, nous sommes tous — quels que soient le profil naturopathique ou ayurvédique, le groupe sanguin, et autres classifications — faits pour consommer principalement des fruits. C’est pourquoi tout changement alimentaire qui ne leur accorde pas une place centrale est voué, à court ou moyen terme, à révéler ses limites. Une autre raison majeure de mettre l’accent sur les fruits est que, au-delà de leurs effets bénéfiques sur la santé, ils ont le pouvoir de nous rendre pleinement vivants, en réveillant des parts de nous-mêmes longtemps endormies ou refoulées.
Pourquoi sommes-nous faits pour manger des fruits ?
Comme tous les primates, nous possédons une constitution anatomique de frugivore (voir le chapitre 1 de La Pleine Santé, livre à paraître en 2027).
Une des lois du vivant est que nous sommes biologiquement conçus pour manger ce que nous pouvons attraper à mains nues et apprécier sans artifices (sauces, épices, cuisson, etc.). À ce titre, il est intéressant de noter que le mot métacarpe (les os de la main) signifie « derrière le fruit » en grec. Par ailleurs, le mot fruit vient du latin fructus, qui signifie « jouissance » ou « ce dont on tire profit ».
Si vous n’allez pas chercher votre énergie dans le sucre des fruits, vous irez la chercher :
- dans les féculents, qui sont source de déchets colloïdaux (cf cet article sur les féculents) ;
- dans les excitants (café, chocolat, alcool, sucre raffiné, etc.), qui génèrent de l’acidité ;
- ou dans le gras, qui ralentit la circulation lymphatique et gêne l’assimilation des sucres (cf cet article sur nos besoins en lipides).
À ce titre, la consommation idéale moyenne de lipides est estimée à environ 10 % de l’apport calorique total. Au-delà, l’excès de gras favorise des crises d’élimination (en raison du ralentissement de la lymphe), ainsi qu’une baisse des performances cognitives et physiques.
Les fruits sont les aliments qui apportent le plus d’énergie pour un minimum de travail digestif (environ deux heures), car ils contiennent naturellement des enzymes digestives et le bon dosage de fibres comparativement aux légumes. De plus, le fructose qu’ils renferment peut être assimilé sans intervention directe de l’insuline.
Contrairement aux idées reçues, les fruits ne font ni maigrir, ni grossir, ni ne provoquent le diabète. Ils amènent au contraire l’organisme vers son poids de forme. Lorsqu’une perte de poids survient avec une alimentation majoritairement frugivore, c’est le plus souvent parce que les apports caloriques sont insuffisants. À l’inverse, une prise de poids n’est jamais imputable aux fruits eux-mêmes, mais à ce qui les accompagne. Enfin, concernant le diabète de type 2, le principal facteur en cause est l’excès de graisses, bien plus que la consommation de sucres (cf cet article sur nos besoins en sucre).
Quels sont les avantages à manger des fruits ?
- Ils sont une source majeure de vitalité, de joie et de plaisir, à condition d’apprendre à bien les choisir et à les consommer de façon adéquate.
- Ils améliorent le transit — aller à la selle au moins deux fois par jour est un repère physiologique — et, plus largement, l’ensemble de la digestion, à condition de respecter certaines règles.
- En réveillant progressivement différentes dimensions de l’être, ils peuvent transformer la vie sur les plans physique, émotionnel et psychique.
- Ils constituent l’un des repas les plus simples et rapides à préparer (cf cet article sur les repas de fruits).
Quels sont les obstacles majeurs à la consommation des fruits ?
- La peur de consommer trop de sucre, alimentée par des croyances erronées. L’idée qu’il existerait des « becs salés » et des « becs sucrés » est trompeuse : toutes les cellules de l’organisme fonctionnent au glucose. Il n’existe donc, biologiquement, que des « becs sucrés ». Certaines personnes sont simplement davantage attirées par le salé en raison de besoins accrus en minéraux.
- Le coût des fruits. Il est vrai qu’ils sont plus chers qu’un paquet de riz, mais il s’agit d’un investissement pour la santé. La question essentielle devient alors : quel prix accordons-nous à notre vitalité ? A ce sujet, lire cet article sur où acheter ses fruits ?
- Les combinaisons alimentaires défavorables, telles que fruits et oléagineux, ou fruits acides et fruits très sucrés, qui peuvent entraîner des fermentations et rendre la digestion difficile. Pour en savoir plus à ce sujet, lire cet article sur les combinaisons alimentaires.
- La consommation des fruits en fin de repas ou après des repas riches en lipides et en protéines, dont la digestion complète nécessite six à douze heures. C’est la raison pour laquelle un dîner lourd peut rendre les fruits du petit-déjeuner indigestes.
Comme le remarquait mon grand-père — « ce qui est bien avec ton ton alimentation, c’est que tu en es toujours au dessert » — révèle un conditionnement profond : manger à heures fixes, réserver le sucré à la fin du repas et le considérer comme une récompense. Ce conditionnement, répété des milliers de fois durant l’enfance, installe l’idée qu’il n’est pas légitime d’écouter pleinement ses envies et que le plaisir doit se mériter. La consommation abondante de fruits met en lumière cette croyance et peut, à ce titre, générer un inconfort (cf cet article sur la fréquence des repas).
Et c’est précisément là la seule véritable contre-indication aux fruits : préférer que certaines parts de soi demeurent inexprimées.
Dix astuces pour rendre la consommation de fruits extatique
- Se procurer des fruits de qualité auprès de fournisseurs fiables. Pour en savoir plus, lire cet article sur le bio et le local, ainsi que celui sur où acheter ses fruits ?
- Apprendre à distinguer les fruits mûrs de ceux qui ne le sont pas, et à reconnaître ceux qui peuvent mûrir à domicile.
- Laisser mûrir les fruits dans un espace dédié, visible et tempéré, afin de stimuler l’envie.
- Attendre la véritable faim, éventuellement en pratiquant le jeûne intermittent (de préférence sur la fenêtre alimentaire de 10h à 18h). Pour en savoir plus, lire cet article sur le jeûne intermittent.
- Ne consommer que des fruits mûrs, à température ambiante, et appréciés gustativement. Ne vous forcez pas si vous n’aimez pas, trouvez-en d’autres. Les bons fruits viennent toujours à ceux qui les cherchent.
- Éviter de mélanger trop de fruits différents ; privilégier le mono-aliment ou des associations simples et compatibles. Pour en savoir plus à ce sujet, lire cet article sur les combinaisons alimentaires et cet article sur l’alimentation sensorielle.
- Se limiter à quatre variétés de fruits par jour, en variant les catégories et les saveurs.
- Consommer les fruits comme premier repas de la journée, ou après un jus de légumes, mais jamais après un repas riche en graisses ou en protéines.
- Prévoir des repas de légumes après les repas de fruits pour équilibrer les envies de salés.
- Limiter la part de lipides à un maximum de 20 % des calories quotidiennes, 10 % étant généralement suffisant (cf cet article sur nos besoins en lipides). Vous observerez alors que la digestion, le niveau d’énergie et la fluidité des détox vont nettement s’améliorer.
En quoi consiste le défi fruits ?
Il consiste à augmenter progressivement la part de fruits dans l’alimentation jusqu’à atteindre au minimum un kilo par jour de fruits non gras (parties comestibles uniquement).
Le point crucial est que ces fruits soient consommés à jeun ou, à la rigueur, après un jus de légumes, mais jamais après du café, des tartines ou des aliments gras.
Que faire si la faim de fruits ne vient pas ?
Si la faim de fruits ne se manifeste pas en premier repas, il est possible de commencer par un jus de légumes ou d’attendre que cette faim apparaisse. Avoir faim sans désir de fruits indique généralement que les réflexes alimentaires ont été conditionnés de manière non physiologique. Cette réponse peut être rééduquée en maintenant les fruits comme premier repas, même si cela demande un effort et un temps d’adaptation. Tant que ce défi n’est pas relevé, il est difficile de parler d’alimentation réellement vivante ou physiologique, même en l’absence de produits industriels. La bonne nouvelle, si vous n’en êtes encore par là, c’est que vous avez une belle marge de progression devant vous pour améliorer digestion, santé et niveau d’énergie.
Une fois que le kilo de fruits par jour est bien toléré, vous pouvez augmenter progressivement les quantités de fruits tout en réduisant la part de lipides. Avec une densité calorique moyenne d’environ 60 kcal pour 100 g, un organisme frugivore peut aisément consommer jusqu’à trois kilos de fruits par jour.
Enfin, lorsque cela est possible, l’ajout quotidien d’au moins un demi-litre de jus de légumes, avant ou après les fruits, permet de renforcer la reminéralisation, la reconstruction tissulaire et de limiter les fringales d’aliments non physiologiques.
Vous avez maintenant toutes les clés en main pour jouir de cette nouvelle année comme étant la première des plus belles années qui vous attendent…